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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:13

 

 

 

Extraits de l'émission : Que reste-t-il des mouvements anarchistes? du 8 août 2012, qu'on peut écouter, car liberté est prise dans le retransmission des propos.

Donc, on sait que 3'000 anarchistes vont se retrouver à St.Imier, dans le Jura bernois et pour ce, jusqu'à dimanche prochain.


3 interlocuteurs:

Arthur Auderset, membre du comité d'organisation de cette rencontre internationale de l'Anarchisme

Nicolas Wadimoff, réalisateur du du côté de Genève «Operation Libertad». actuellement en salle

Pascal Holenweg, membre du PS


Pourquoi St.Imier?

Arthur Auderset: Le 1er congrès anti-autoritaire s'est tenu il y a 140 ans dans cette région bucolique et que c'est un moment important pour notre mouvement et le mouvement ouvrier. Nous avons donc trouvé là l'occasion rêvée de rassembler tous les anarchistes de la planète; des anarchistes qui luttent dans des organisations politiques, syndicales et différents groupes dans le monde. C'est le moyen que nous avons trouvé là de pouvoir mettre en débat nos propositions politiques, nos pratiques militantes et de faire avancer une proposition politique concrète qui veut construire une politique de libération forte, ceci sans les chiens.


St.Imier, 4'800 habitants, 3'000 participants, petit village grand soucis?

AA: Tout baigne. C'est une terre qui a été révolutionnaire, qui a une histoire, qui se souvient, et tout le monde est content.


Quand on dit que les «Indignés» sont les anarchistes d'hier, les «Indignés» liés aux anarchistes, vous bondissez?

AA: Non! On ne classe pas les gens, nous! On est pas dogmatique. Mais les «Indignés» montrent qu'il y a une crise de la démocratie bourgeoise. La pratique des «Indignés», par leurs assemblées générales délocalisées et leurs manières de s'organiser, de faire de la lutte en se posant à distance de l'Etat, de ses institutions et de ses partis politiques, montre qu'il est évident que les anarchistes espagnols sont dans ce mouvement que nous portons, que nous soutenons et dans lesquels nous intervenons. Nous espérons déployer une politique plus massive avec les syndicats, les anarcho-syndicalistes en Espagne, qui mène une lutte dure face à la répression et à la casse du service publique etc...


Que reste-t-il des anarchistes? Parce que vous, ça c'est passé quand même dans les années 1970 - 1980

Nicholas Wadimoff: Je ne suis pas un historien de l'anarchisme. Mais de part mon activité, j'ai été amené à côtoyer les mouvements de lutte pour les logements ou pour de la culture alternative.


Ces activistes de l'époque et modernité avec les anarchistes d'aujourd'hui?

NW: J'ai essayé de montrer que les mouvements de lutte des activistes auxquels je me suis intéressé étaient autre chose. C'était Action Directe dans les années 1970, de leur rapport à la violence et de la question de la fin des moyens aujourd'hui. Le film suscite beaucoup de questions parce qu'il y a des gens qui s'y retrouvent beaucoup et d'autres qui s'y retrouvent moins. Pour les mouvements plus jeunes que sont les «Indignés», il y a une vraie cassure historique, en tout cas dans ce qui concerne la représentation qu'on pouvait se faire de ces mouvements-là. Mais dans l'action elle-même, on peut retrouver des relations. Maintenant je pense que les mouvements anarchistes sont de l'histoire ancienne, qu'ils appartiennent au passé et que c'est un peu loin pour les «Indignés».


Vous n'avez pas encore vu le film «Operation Libertad», mais vous avez été très imprégné par le mouvement anarchiste des années 1970 que vous avez côtoyés. Quel regard aujourd'hui?

Pascal Hollenweg: Il faut distinguer les mouvements anarchistes des autres mouvements gauchistes de filiation léninistes. Dans les années 1970, ceux qui ont abouti en Italie par les Brigades Rouges, en France par Action Directe, en Allemagne par la Roteweltfraction, n'étaient pas des mouvements anarchistes, mais plutôt des mouvements marxo-léninistes et ce sont ces mouvements-là qui ont abouti dans une impasse. Dans l'héritage, la filiation et la continuation du mouvement anarchiste, c'est la méfiance à l'égard du pouvoir et de l'Etat. On essaie de conjuguer l'égalité et la fraternité sans l'Etat, et par conséquent l'opposition à la propriété privée. La liberté et l'égalité sont au coeur du mouvement anarchiste et au choeur de toutes les tentatives socialistes qui se terminent par la construction de camps de travail et de prisons pour prisonniers politiques. (Bigre!) Les mouvements de libération internationale actuels sont beaucoup plus éloignés des mouvements anarchistes de 1970.


NW: J'ai surtout voulu montrer les gens qui se réclament de l'autonomie révolutionnaire comme certains représentants en Italie. Il est vrai qu'en Suisse, la scène de la lutte armée comme Action Directe est plutôt proche des milieux autonomes. J'ai l'impression qu'il y a une filiation entre les mouvements de la fin des années 1970 en Suisse avec les squats des années 1980 dont on s'en réclamait. C'étaient des figures et souvent les mêmes gens gravitaient autour d'eux. (Leaders?) Aujourd'hui, je me pose la question si on retrouve les mêmes motivations que celles des années 1970.


AA: En tout cas nous, on sait très bien qu'au sein des mouvement des «Indignés», il n'y a pas que des anarchistes, mais contiennent en leur sein des choses que les libertaires ont porté durant tout le siècle: la démocratie directe, la lutte populaire de base, la possibilité de discuter directement avec les gens de manière ouverte sans être guidé par un leader ou un parti. Ce qui est extrêmement actuel dans ce que font les anarchistes et c'est ce qui nous permet d'être très forts politiquement. (3'000 pelés sur 7 milliards de terrain...il aurait fallu autoriser les compagnons à quatre pattes pour faire une démonstration de force!) C'est être assez lucide et de vouloir dire cette lucidité aux gens. De ne pas leur faire croire qu'à partir d'élections ou d'émeutes spontanées, le monde changera, que la liberté régnera, et que les gens pourront enfin posséder leur vie. Donc nous, ce qu'on cherche à faire, à dire, c'est que nous sommes et avons la volonté de construire une politique de libération lucide et consciente avec les gens. Que c'est une marche qui est longue, mais qui est nécessaire si nous voulons une politique d'émancipation authentique. Que les gens puissent réellement reprendre leur vie en mains. C'est une des choses qui nous lie avec les «Indignés»Et nous, nous avons cette lucidité-là!


 

 

Geneghys: les AZA

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Published by Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif
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commentaires

Steph 15/08/2012 09:22


Splendeurs et apologie du positivisme...Difficile de faire mieux! (steph)


Retrouvé sur "Twitter":


De sympathiques anarchistes


 



Saint-Imier (Sipa) La Rencontre internationale de l'anarchisme a attiré au moins 3.000 personnes de jeudi à dimanche à Saint-Imier, dans le Jura bernois. Les participants sont venus des cinq
continents et avant tout d'Europe, a expliqué à Sipa Michel Némitz, responsable de la coopérative Espace Noir et l'un des organisateurs de la manifestation.


L'événement aura été riche tant en termes de convivialité que par ses aspects culturels et politiques, selon Michel Némitz. "L'entente a été assez extraordinaire entre les gens du coin et les
anarchistes". Certains habitants de la région ont eu l'occasion de changer leur opinion sur ce que sont les anarchistes, que se sont révélés des personnes sympathiques et cultivées.


Michel Némitz souligne la qualité des débats et des rencontres, qui devraient déboucher sur des projets de dimension internationale. La réunion de clôture n'a pas permis d'aboutir à l'adoption
d'une résolution politique commune. Constituées de revendications libertaires, plusieurs déclarations émanant de différentes organisations ou de groupes spontanément ont toutefois été
élaborées.


La manifestation commémorerait les 140 ans du congrès de la première internationale "antiautoritaire" qui a eu lieu en 1872 à Saint-Imier. La localité fait figure de berceau de l'anarchisme.
Tandis que l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) est fondée en 1864, des sections se créent rapidement dans la région, à la Chaux-De-Fonds, au Locle, à Saint-Imier et dans le
reste du Jura suisse. Beaucoup d'ouvriers qui y adhèrent sont encore des travailleurs à domicile. Lorsque Mikhaïl Bakounine vient dans la région en 1869, la Fédération jurassienne devient le
pôle libertaire de l'AIT qui s'oppose à la tendance marxiste. SIPA


fr




(Sipa / 12.08.2012 18h16)


Ca laisse rêveurs les moins et les plus cultivés d'entre nous tous/toutes. Les autres se tenant entre ces deux pôles peinent à se faire une opinion bien pelée...(Steph)

Steph 13/08/2012 16:28


Addendum:


On relira avec intéret les positions que nous avons soutenues et commentées au moment même de l'appel...Cf: http://nosotros.incontrolados.over-blog.com/article-rassemblement-anti-autoritaire-outre-jura-des-dispositions-qui-fachent-108717910.html


 C'est avec une certaine consternation que nous devons admettre partager avec les potes du "Chat noir émeutier" bon nombre de considérations.


Je pense que nous pourrions faire plus et mieu sans ces "anti-autoritaires-là".


Une longue correspondance s'est ensuivie sur le propos avec des amiEs, partout le même constat.


 décliné l'invitation, ce qui pour nous était un refus de cautionner cette initiative-là. Nous avions bien fait.


Nosotros.

Rapporté par le chat noir émeutier 13/08/2012 15:55


Coup de griffes:


Critique des Rencontres Internationales de l’Anarchisme de St-Imier


Publié le 13 Août 2012


Résolution votée à l’unanimité par moi :


Si l’on avait tout plein de tartes…


La rencontre “anarchiste mondiale” s’est terminée dans la paix. Finalement, tout le monde a pu découvrir que les anarchistes sont aussi dociles que le citoyen moyen. On a enfin prouvé au monde
entier que les anarchistes sont des gens gentils et contre la violence par principe moral. C’est beau, la démocratie, toute critique (tant qu’elle restait idéaliste) avait sa place. Les
organisateurs (hommes pour la plupart, blancs, occidentaux) étaient tellement gentils qu’ils ont même quasiment aboli le patriarcat en laissant parler les anarcha-feministes en premier. Bel acte
paternaliste pour faire semblant de donner la parole aux “minorités”/”opprimés” et tous les idéalistes ont joué le jeu.


Trop d’hommes ! Scandale !


Trop de blancs ! Scandale !


Trop de viande ! Scandale !


Trop de kéfiés ! Tous des antisémites ! Scandale !


Pas de programme pour les sourds ! Scandale !


Des fascistes partout ! Scandale !


A l’encontre de toutes les attentes, l’oppression n’était pas abolie immédiatement dès notre arrivée à St-Imier, ce qui a donné l’occasion aux idéalistes de “tout poils” d’être scandalisés de la
moindre déviation de leur monde imaginaire. Mais, enfin, on a discuté de tous ces problèmes “très graves” pour arriver à la conclusion qu’on s’aime tous quand même vachement bien.


Quelques malentendus, certes. Ça peut arriver, l’erreur est humaine, on fera mieux la prochaine fois. Même en tant qu’anarchiste, on peut aimer la police, ça reste des camarades, faut respecter
l’avis de tout le monde. Sinon, on deviendra stalinien et totalitaire et on fusillera tout le monde qu’on connaît pas. Et finalement, le service de la police n’est pas si mauvais que ça, même
dans l’anarchie, on aurait besoin du service public.


Beau programme tout ça. Pour la prochaine “rencontre mondiale”, faut juste cacher un peu les saucisses et placer des noirs, des femmes ou des sourds par ci et par là. Ou, peut-être, il vaut même
mieux changer rien du tout. Comme ça, même la prochaine fois, personne ne parlera des choses embêtantes.


C’était une belle leçon de démocratie : la pacification par l’intégration. Et par la “lutte”, on a défendu cette belle chose pure qu’on ne veut perdre à aucun prix : la paix sociale.
Acquis social d’ailleurs. On a fini par découvrir que, même chez les anarchistes, ça marche.


PS : Même la télé parle de “nous”


Les plateformistes aiment le service public


Source: Indymedia Paris, 13 août 2012