Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 12:38

 

 

24 mars 2013  

avec la participation de Sam & Steph.

 

 

 

(suite de Extrême-droite hongroise 1: LA HONGRIE introduction)


Mais rembobinons la bobine et revenons à l’ère de l’avant première Guerre mondiale. 

_____________


 

L’anticapitalisme et l’antimodernisme sont en marge de la vie politique et de la société. À cette époque, la modernisation du pays est une volonté politique complètement assumée par l’élite hongroise. Dès les années 1820 environ, ce programme de modernisation du pays inclut nollens-vollens l’intégration des juifs et leur donne les pleins droits civiques bien qu'élastiques.

 

Cette idée perdure après le compromis de l’élite politique hongroise et l’accord des Hasbourg après 1867, un compromis entre l’Autriche et la Hongrie détermine les contours de la nouvelle monarchie.

 

Cette élite politique est libérale, et même si il y a des éléments nationalistes, elle reste convaincue du succès de l’assimilation des juifs en Hongrie. De plus, les juifs sont sédentaires en Hongrie depuis le Moyen-Âge.


Dans les années 1830 – 1860, il y a eu une migration lorsque beaucoup de juifs ont fui les pogroms de Russie ou d’ailleurs. Une grande partie a atterri en Hongrie où elle a joué un rôle important dans le commerce, dans l’industrie et plus tard, dans la vie politique. (Il convient de ne pas oublier que de tous temps et hors temps ces métiers liées au commerce, à l'artisanat, à la banque, à l'usure, leur étaient dévolus de facto d'autant plus volontiers que ces activités étaient considérées -non sans raison d'ailleurs- comme "dégradantes", bien peu "honorifiques".Cela dissimulait plus ou moins adroitement l'existence d'une réelle discrimination qui ne disait pas son nom mais qui interdisait quasiment partout aux juifs d'avoir un rôle politique, d'être elligibles à des postes de responsabilités autres que "confessionnelles" ou strictement locales...Mais on voudrait aussi de nos jours reprocher à ces mêmes juifs ostracisés d'avoir su être brillants dans ce "pré-carré" imposé au point de feindre s'étonner de les voir partout à la tête de banques ou magnats de la finance voir de tenir l'étal de fruits et légumes de l'épicerie du coin et alors d'inventer sordidement  le fameux "complot juif" qui sera servi et resservi à toutes les sauces et, selon les instances du moment avec plus ou moins de vigueur et de violence. En situation de crise, les juifs devinrent ainsi des boucs émissaires de choix avec des heures particulièrement sanglantes culminant dans l'Histoire des pogroms et des massacres.Il est vrai que dans cet exercice "le Monde Chrétien" jouissait d'un "savoir-faire" à peu près inégalé. Notes de Steph)


Mais ce n’est qu’un courant minoritaire de la politique hongroise. La première guerre mondiale et ses pertes territoriales, la dictature dite "communiste" avec ses exécutions en ouvrit une autre traversée par de multiples sursauts, revirements et retours.


Bref, cette période d’entre-deux guerres est assez remuée et il se trouve parmi le peuple, certains intellectuels juifs qui stigmatisent cette élite libérale.

Si cela renverse la donne, le courant ne devient pas majoritaire, mais gagne en importance.


Il y a donc cette résistance à la modernité, par exemple: une partie des propriétaires fonciers se trouvent concurrencée par le commerce de grains et de céréales, en partie conduit par des hommes d’affaires en général d’origine juive, et ils ont reflété ça comme une forme de résistance.


Puis il y a la partie populaire catholique, avec ses activistes locaux, chez lesquels un certain antijudaïsme prend ses racines et commence à s’intégrer dans leur idéologie et ce, surtout à l’introduction du mariage civil. Non seulement parce que cela voulait dire que l’église catholique perdait une partie de ses prérogatives, mais aussi que la confession israélite gagne ses "plein droits".Du moins en surface.

Les catholiques ont toujours considéré les juifs comme un peuple déicide (le christ, fils de «dieu» et il faudra attendre les années 2000 pour voir le Pape déclarer que les cathos se sont trompettes) Donc les juifs peuvent se marier et vivre leur vie pleinement dans la société hongroise. 


La modernité est un mot qui comprend les termes scientifiques, techniques, humains, bref, tous les termes hérités des Lumières. C’est cet horizon-là qui est férocement combattu et ce phénomène est européen. L’église catholique réagit aux idées des Lumières, des libertés civiles, des libertés des individus, à la laïcisation de la société et n’accepte pas cette foutue introduction des mariages civils. 


Même si les élections générales de janvier 1920, une année après la proclamation de la République, voit sortir la majorité d’une alliance des Nationaux-Chrétiens et des Petits-Propriétaires, l’Armée s’en tape le coxon et fout l’amiral Miklòs Horty, un produit du protestantisme, fervent nationaliste, Ministre et Chef des forces armées qui fait régner la «terreur blanche» des forces contre-révolutionnaires (dirigées par les aristos) et qui chassèrent les communistes, leurs partisans réels ou non, les franc-maçons, les socialistes et les juifs, jusqu’à ce que le fauteuil de Régent lui soit offert lors des «élections» élections de mars 1920, noble siège où il pose ses augustes fesses sans se faire prier.


Mais, ce ne serait pas faire honneur à l’officier ultra-nationaliste Gömbös, fondateur du Parti de la Race, dirigeant des troupes paramilitaires de la «terreur blanche», qui rêvait d’un Etat fort. Il fit d’ailleurs les yeux doux devant les initiatives de Mussolini et de Hitler. On peut même rajouter que ce fut un premier chef de gouvernement à aller donner des oeufs de Pâques à Hitler, en juin 1933.

 

Et c’est là que ça cloche de Pâques. Mais ne nous formalisons pas sur les petites risettes que se firent les deux bonhommes extrêmement populistes. Gömbös, tout fier de ses rapports cordiaux avec les deux dictateurs, revint avec l’intention de réformer la politique de Horty (qui paraît alors comme un modéré), et ce avec beaucoup de bruit, de démagogie, de violence et remporte les élections de 1935. Seulement voilà, le Régent ne l’entend pas de cette oreille et pour, miracle, Gömbös meurt en 1936, juste le jour avant l’inauguration de l’axe Rome-Berlin.

Photo de la famille Lugubre

http://lesazas.files.wordpress.com/2013/03/horty_hitler.png?w=820

Fin de ce deuxième épisode absolument captivant

Tous les épisodes déjà écrits sur l’onglet AZATHÈMES

Menu déroulant: HONGRIE

Partager cet article

Repost 0
Published by Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif - dans CONTROLE SOCIAL
commenter cet article

commentaires