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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 07:54

((Relais/info sur une rafle de plus))


Nous relayons un témoignage de l 'ADDE que notre amie Eva Lock-Khuwua nous a posté hier sur le déroulement musclé d'une rafle dans le quartier de la" Goutte d'Or" survenue en Juin à Paris dans le XVIII 7ME arrondissement. Les flics n'y allèrent pas de main morte comme d'hab'. Il m'est arrivé à moult reprises d'assister et  de m'opposer à ces démonstrations de force, d'intimidation, de division des populations vivant là: Maliens, Algériens, Tunisiens, Ivoiriens et de finir souvent au poste alors que j'habitais moi-aussi rue de la Goutte d'Or, à l'angle de la rue Caplat. Le déploiement de force était accompagné  inéluctablement de "brutalités et de violences policières".J'ai quitté le quartier quelques années après l'ouverture du super commissariat où chaque nuits étaient "déversés" de nombreux interpellés ou bien d'où repartaient les cars avec à bords des braillards sur-équipés ravis d'aller en "mission de terrain" et fiers à l'idée de rapporter son butin de "bétail humain". La construction de ce super-commissariat avait exigé la destruction impitoyable de toute une partie du quartier. Il s'ensuivit que les habitants ne connurent plus de "nuits tranquilles":Rugissement des moteurs, sirènes à donf, gyro-phares, claquements des portières, propos avinés de fashos armés en partance ou de retour de mission. Bousculades, injures, brutalités, insultes, coups pour débarquer parfois jusqu'à 20 personnes (toujours des blacks ou des rebeus majoritairement) sans que personne n'intervienne tant la peur, la crainte générées par ce climat d'occupation avaient gagné partout la population.

Tout ça se passait sous mes fenêtres, naturellement je suis intervenu moult et tentais de rallier quelques riverains...de créer des "collectifs solidaires" bien vite "désactivés"...


Je me retrouvais embarqué le plus souvent avec parfois une inculpation pour "Outrage à agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions", ou encore heureux gagnant d'une paire de "torgniolles républicaine" n'entrainant aucune ITT...

 

Le quartier était devenu infernal et totalement dévasté, comme en état de siège permanent au milieu de ruines, de gravats...et des flics omni-présents, de jour comme de nuit...

 

Les réels fauteurs de "troubles à l'ordre public" portaient des uniformes et pouvaient s'abriter derrière leur statut de fonctionnaire.

 

(Steph)

 

-"On connaît maintenant le bilan de la gigantesque rafle qui a eu lieu le jeudi 6 juin 2013, dans le quartier de la Goutte-d’Or à Barbès (Paris) visant notamment les étrangers en situation irrégulière.
Aux alentours de 15 heures, arrivés à bord de plusieurs dizaines de fourgons, les CRS se déploient en travers de plusieurs rues pour procéder au bouclage d’une zone formée par la rue de la Goutte-d’Or, la rue des Islettes, la rue Capla, la rue Charbonnière, ainsi qu’une partie du boulevard Barbès. Personne ne peut pénétrer dans le périmètre et pour en sortir il faut prouver son identité française ou montrer son titre de séjour.
À l’intérieur de la zone prise d’assaut, policiers en uniforme et en civil, CRS et agents de la brigade anti-criminalité sont à l’œuvre : ils quadrillent les rues, fouillent les halls d’immeuble, les cafés et effectuent des contrôles d’identité quasi systématiques pendant près d’une heure et demie. Plusieurs témoignages font état de violences policières.
Au final, 16 personnes ont été placées en garde à vue pour des délits mineurs et au moins 32 personnes de nationalité étrangère ont été menottées et conduites au commissariat du 18e arrondissement parce qu’elles étaient dans l’incapacité de prouver leur droit au séjour en France.
Ces personnes ont été placées en rétention administrative à Vincennes et, comme la loi du 16 juin 2011 le prévoit, elles ont dû attendre cinq jours pour qu’un juge contrôle le respect de leur libertés individuelles au cours de la procédure. Précisément, les juges de la liberté et de la détention ont annulé les trois quarts (24 sur 32) des procédures – entraînant la libération des intéressés – pour contrôle au faciès ou notification tardive des droits.

Le bilan de cette opération policière d’envergure est maigre au regard des objectifs affichés et qui la rendent possible en droit : la préservation de la sécurité et de l’ordre publics. En réalité, à l’instar d’autres opérations policières d’envergure visant les étrangers – que l’on songe au démantèlement des « jungles » à Calais – cette rafle n’avait pas pour véritable objectif de reconduire à la frontière un grand nombre d’étrangers sans titre de séjour. Parce que trop de personnes sont concernées en même temps en un même lieu, il est en pratique très difficile que leurs droits soient effectivement respectés – comme le droit à un interprète – et c’est de manière tout à fait prévisible qu’un grand nombre d’interpellations et de placements en rétention ont été annulés par les juges. Mais alors pourquoi une telle rafle ?

Ce déploiement démesuré des forces de police n’est rien d’autre qu’une démonstration de force à l’adresse des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de la capitale. Il s’agit avant tout de signifier avec violence aux habitants des derniers quartiers populaires de Paris qu’ils sont sous surveillance, sous contrôle.
Si pour certains, la liberté d’aller et venir est une liberté fondamentale, pour eux, étrangers et étrangères en situation irrégulière ou détenteur d’un titre précaire, il s’agit d’un privilège qui disparaît au détour d’une rue, au bon vouloir d’un policier en civil. Englués dans une vision de la société qui secrète chaque jour davantage d’inégalités et de misère, nos gouvernants en sont réduits à humilier les plus vulnérables et à bafouer leurs droits.
Cette rafle qui s’inscrit dans une politique féroce de lutte contre l’immigration est bien le reflet d’une vision du monde ségrégationniste et autoritariste contre laquelle nos organisations continueront de se battre.
Paris, le 11 juillet 2013 * Signataires :*
* *ADDE* (Avocats pour la défense des droits des étrangers) * *Gisti* (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)

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Published by Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif - dans GUERRE SOCIALE
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commentaires

sam T 14/07/2013 05:10


Comme c 'est bizarre!!! il n' y a soi-disant plus de pognon pour loger les SDF,et relever les "minima sociaux" mais pour les saloperies de rafles qui doivent coûter un max de thune, no problemo.
pendant ce temps, les quidams bronzés en attente de "papiers" se font EXPLOITER par des fumiers de restaurateurs et autres "bâtisseurs" et bétonneurs, sans ignorer les agriculteurs qui
"profitent" de la main d' oeuvre à bon marché......tu parles d' une Raie poublique!!!!