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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 09:07

Oreste Scalzone a Daniel Psenny, journal Le Monde :

 

Gentil Monsieur Daniel Psenny,

                                                             je viens de laisser dans votre répondeur un message à votre intention.Cela porte sur une affirmation erronée apparaissant dans votre interview avec Valerio Morucci parue dans l'édition du Monde daté de ce matin [Valerio Morucci. Brigadiste « sans remords »Le Monde, Mercredi 28 septembre 2011, Décryptages, Enquête, p. 19].

     Après qu’il ait été effleuré au passage l' Affaire-Battisti (avec une rapide évocation des avatars de procédures d’extraditions le concernant, mais aussi des considérations impliquant des jugements de valeur, sur lui, son groupe, la nébuleuse dans la galaxie dont faisait partie...), il apparaît entre guillemets comme réponse de Morucci le passage qui suit: « Je ne me prononce pas sur son cas, mais il ne peut pas rentrer en Italie en négociant une remise de peine comme la plupart des exilés italiens l’on fait toutes ces dernières années ».

 

     Après une reserve parfaitement légitime, puis le rappel  d’une évidence  – il ne peut pas rentrer en Italie – …tellement évidente jusqu’à en faire un truisme (ou alors restant une expression très cryptique, obscure), on glisse  à une affirmation – « en négociant une remise de peine comme la plupart des exilés italiens l’on fait toutes ces dernières années », qui franchement lâche abasourdi, tellement elle est fausse : une contrevérité, destituée de tout fondement (chose, d’ailleurs, tellement contrôlable, qu’on finit pour avoir des difficulté à voir de la malice, penser qu’elle puisse être simplement fruit de malentendus, de non information, et non d’une espèce d’ubris candide…)

 

Il s’agit de ‘faits et choses’des plus faciles à établir car “couchés sur papier”, documentaires ou pas par des procédures, des actes – judiciaires, administratifs –, certainement offrant “tout bénéfice d’inventaire et faculté de preuve”, rien qu’en s’adressant aux cabinets d’avocats, aux archives judiciaires, aux Greffes : il ne résulte aucun cas d’ « exilé italien » (autrement dit, « réfugié[e] ‘de facto’, de fait », si l’on suit une célèbre phrase de François Mitterrand ; ou alors « contumaces », « latitanti », fugitifs…fuyards…), qui soit rentré « en négociant d’une remise de peine ».

 

[Même ceux et celles qui – après un travail de lobbying duré presque une décennie, avaient considéré de s’inscrire dans le cas typologique défini par la « loi sur le bénéfices à la dissociation » loi du 18 février 1987, n. 34, « Misure a favore di chi si dissocia dal terrorismo » d’abord n’ont pas été reconnu[e]s comme ayant rempli toutes les conditions pour se voir appliquer ces “benefici premiali”, et donc – ne serait que pour cette raison “objective” – ils ne sont pas rentrés …

 

La plupart des exilés sont rentrés à fur et à mesure que les délais, les termes des  respectives « prescririons de la peine » (que dans le système [l’ordinamento] italien correspondent à une durée double de celle de la peine écopée, à partir du moment ou la condamnation est devenue « définitive », établie comme « vérité judiciaire » , « passata in giudicato » : chose qui malheureusement exclue les personnes ayant écopé perpétuité ou en tout cas des peines indivisibles très longues, ou personnes dont – du fait de la longueur des procès – cette condamnation définitive est intervenue très tard, dans une époque relativement récente).

 

L’exclusion de toutes voies de “negociation de remises de peine” vaut à plus fort raison ceux et celles qui se sont battus pour un « asile un, indifférencié, indiscriminé, sans conditions “de conscience” : autrement dit, pour chacun ».

 

Le seul qu’on a vu partir, “rentr…é” (de force) en Italie, a été Paolo Persichetti, justement faisant partie de ce lot.Embarqué, août 2002 (comme, il y a une quinzaine de jours, l’ont été – vers l’Allemagne cette fois – Sonja Suder et Christian Gauger

[ Cf le site <stopextraditions.org>]), sur la base d’une véritable forfaiture, d’un montage que par la suite est complètement tombé à l’eau, et dont les ’pièces’ ont montré le caractère calomnieux des allégations, les manigances…le tout constituant un véritable “crime de Justice pénale”  mené par un Parquet, un substitut Procureur de la République [ Italienne : le dr. Paolo Giovagnoli de Bologna, en association – de malfaisances – avec le général des Carabinieri, à l’époque responsable du ROS, le “groupement d’élite antiterroriste, spéciale, qui à l’heure actuelle se trouve mis à pied, sous enquéte pour « recel de malfaiteurs » à la faveur des chefs de Cosa Nostra] ).

Je dis bien, Paolo Persichetti, par la suite détenu pendent des longues années, maintenant encore détenu, “semi détenu”, en la forme d’aménagement de la peine dite « semi-liberté », et qui a purgé la quasi-totalité de sa peine sans avoir accès même à la « liberté conditionnelle »

 

Voilà. À moins que Morucci ne parle de cas s’étant passé “sous le manteau”…à côté….à l’insu… – et en ce cas il ferait bien, s’il le pouvait, d’appuyer ses dires par des  références circustanciées, documentées, exposables à réfutabilité–, l’affirmation mérite une “amende honorable” de la part de toutes les personnes directement ou indirectement ayant engagé leur responsabilité.

 

Interpellé par plusieurs personnes, je pense que moi – comme probablement beaucoup d’autres – je communiquerai mes  évaluations sur le film, sur tout ce qu’en fait l’objet, sur des faits et des choses, des contextes, des discours…, après avoir pu voir le film..

 

Pour l’instant, il relève d’un devoir élémentaire réclamer une mise au point sur un point spécifique. Il ne m’intéresse aucunement épiloguer sur nature, caractères, genèse, généalogie, contextes, inscriptions, de cette contrefaçon de la réalité.

Seulement, je pense qu’il relèverait de la veulerie morale prétendre de considérer une rectification quelque chose de pointilleux, d’inintéressant à peine en dehors des cercles intéressés, tandis qu’il serait “normal” qu’une distorsion et une invention de toute pièce soit répercutée par des “grands médias” : cela constituerait comme une encouragement à l’arbitraire, une « licence de viol » ( au sens des considérations, par exemple, bien exprimées par G. Orwell sur la détention d’un “pouvoir arbitraire  sur le passé et sur la sémantique”…).

 

  Je vous demande donc, M. Psenny,  de bien vouloir rectifier – bien entendu, après enquête et vérifications – ou bien de vouloir nous donner un « droit….plus que de réponse, de mise au point » : question, non pas de point de vue, se prêtant à réfutation, à controverse, à interprétation, à jugements de valeur… Il s’agit de ce qu’en épistémologie s’appelle un « jugement de fait ».

 

 

Je vous remercie à l’avance de l’attention que vous voudrez porter à cette lettre, et à ses contenus : bien à vous, je reste dans l’attente,

 

Paris, le 28 septembre 2011                                         Oreste Scalzone

 

 

 

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Published by Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif - dans CONTROLE SOCIAL
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