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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 11:11

Expulsion

 

http://www.bastamag.net/local/cache-vignettes/L500xH334/arton2077-2a9cf.jpg

-Des chaines enlacées aux camisoles chimiques-

(steph)


Par Sophie Chapelle (27 janvier 2012)


Paris, aéroport Charles-de-Gaulle. Une « reconduite aux frontières » comme beaucoup d’autres. À l’arrière de l’avion, un homme menotté crie et se débat. Au silence et à la honte des passagers succède leur révolte. Résistance interdite, répliquent les CRS, qui traquent dans l’avion ceux qui ont osé se lever et prendre la parole. Derrière les chiffres proclamés par le ministère de l’Intérieur, la réalité.

 

Ce 20 janvier, le décollage est prévu à 10 h 30 depuis l’aéroport Charles-de-Gaulle. À l’embarquement, le personnel de bord est fort prévenant et ne signale aucune particularité sur le vol. À l’arrière de l’avion, pourtant, un homme hurle. « Laisse-moi, je veux descendre ! J’ai pas volé, j’ai pas tué, moi je suis pas esclave. » Il est entouré par quatre hommes et une femme, dont les brassards indiquent « police aux frontières ». « Je veux partir pour moi-même, je veux emmener le mot liberté avec moi. » En réponse à ses cris, il y a d’abord le silence des passagers. Et un terrible sentiment d’impuissance et de honte.

« Je n’aime pas non plus assister à ça, dit un steward. Mais on n’a pas le droit de s’en mêler. Mieux vaut peut-être pour lui qu’il soit là que dans un charter. Ici, au moins, on est là, on voit leurs pratiques, et on est avec lui. » Prière donc aux passagers de se montrer sourds, muets et consentants. Mais l’avion a du retard, et l’homme, malgré le tranquillisant injecté dans son bras, se débat toujours autant. Dans sa bouche, les mêmes mots reviennent en boucle. « Ne vous inquiétez pas, ça va finir par se calmer », assure le steward. En fond sonore, la voix du personnel : « Nous sommes heureux de vous accueillir sur ce vol Air France à destination de Conakry. »

L’heure tourne, les visages se crispent, l’indignation marque les regards. Soudain, un homme se lève : « Je n’ai aucune envie de voyager dans ces conditions-là. » Malgré l’appel au calme immédiat lancé par le personnel de bord, d’autres passagers se lèvent à leur tour. « C’est vrai, on ne peut pas accepter ça, c’est pas normal. » La peur recule à mesure que de plus en plus de passagers se lèvent et appellent à rester debout. « Si cet avion partait pour les États-Unis, vous imposeriez ça aux passagers ?, s’insurge un autre homme. C’est parce que l’on part en Afrique ? » « Pourquoi l’attacher comme un chien ? Qu’est-ce qu’il a fait ? »

« Entrave à la circulation d’un aéronef et rébellion »

L’homme menotté, voyant les gens se lever, se met à taper encore plus fort avec ses pieds. La panique gagne à bord. L’avion, lui, commence à partir. « Arrêtez l’avion », hurlent les gens. Les enfants pleurent, des passagers cognent contre les coffres à bagages. « Je vous garantis qu’il va se calmer », répond l’agent de la PAF. En fond sonore, la voix du commandant de bord : « C’est la dernière chance que je vous donne pour que l’avion puisse partir, restez tranquilles à vos sièges. » Agents de police et passagers filment tour à tour la scène. Des passagers exigent de parler au commandant de bord, la sécurité à bord n’étant pas respectée. La sanction tombe finalement à 12 h 30, deux heures après l’embarquement : « À cause du comportement de la majorité des personnes qui sont à bord, le vol est annulé. »

« Ça veut dire qu’il n’y a personne qui va partir, vous êtes contents ? », lâche le gars de la PAF. « Et vous, là, vous allez descendre avec nous », en pointant ceux qui ont désapprouvé haut et fort la scène dont ils étaient témoins. L’appareil est renvoyé au parking. En bas de l’avion, une fourgonnette arrive dont descendent une quinzaine de CRS. Une fois l’expulsé débarqué, la stratégie d’intimidation se met en place. Un homme de la PAF passe dans les rangées, pointe par les numéros de siège les personnes qui ont exprimé verbalement leur indignation. « Nous avons le n° 38. Madame, prenez vos affaires et descendez s’il vous plaît. » Les gens cachent leur visage par peur d’être reconnus, certains revêtent leurs lunettes de soleil. « On vous cherchait monsieur, vous vous cachiez ou quoi ? » Et l’inspection se poursuit.

Avec ceux qui refusent de descendre, la seule méthode employée est celle de la violence. Dans les travées de l’avion surgissent des CRS casqués, matraque et bouclier à la main, défilant en file indienne. Ils viennent chercher un passager de force, accroché à son siège. Au total, huit passagers sont débarqués, poursuivis pour entrave à la circulation d’un aéronef et rébellion. Le personnel est sollicité par la police pour connaître les noms de ceux qui ont été débarqués. Ils seront finalement relâchés trois heures plus tard, sans avoir écopé d’amende. En attendant les bus ramenant les passagers au terminal, un homme témoigne : « Ces expulsions sont monnaie courante sur les vols en direction de l’Afrique. Ce qui a fait réagir les gens, c’est lorsque l’homme a parlé d’esclavage. Voir quatre type blancs menotter un gars dans l’avion et l’expulser, ça évoque tout de suite la traite négrière. On n’a pas oublié le discours de Dakar de monsieur Sarkozy. »

Sophie Chapelle

 

Article relevé là: http://www.bastamag.net/article2077.html

  communiqué par "susauvieuxmonde"/Charles Tatum.:http://susauvieuxmonde.canalblog.com/

Photo : Noborder Network

(Relayé par Steph pour Nosotros.incontrolados & FAICMFSF)

 

Et enfin, ajoutons un regard sardonnique nouveau sur le sujet

 

tel qu'il pourrait être naïvement compris par les passagers "lambdas" de ces vols

vers ces paradis lointains et aussi en ce qui concerne

les limites restreintes de leur indignation timorée:

(proposé par steph )


-(Un petit air pas aussi "fleur bleue" qu'il pourrait y paraitre de prime abord)-

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=fs9x2sbnPi0

-Tes  lacets son défaits...Tu marches dessus....-

 

-Dyonisos-

 

 


Moyennant quelques offuscations de circonstance 

le touriste en toute bonne conscience

engrangera son quota de pitance

vers la Casamance

Thé à la menthe

_____

steph


 




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Published by Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif - dans SQUATT-SANS PAPIER-EXPULSION
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commentaires

geneghys 07/02/2012 12:00


De lui rappeler que sans certaines civilisations, nous ne serions pas là où nous sommes.


 


Mais l'avocat Sarko a pris la défense de son ministre, hier, en fin d'émission "Français, Françaises, Angela et moi vous disons toute la vérité, rien que la vérité".


Il paraîtrait que Guéant a fait une fôte de frappe et a été mal compris.


 


Gene

steph 06/02/2012 13:30


nosotros.incontrolados dit :


6 février 2012 à 12 12 20 0220


A propos des “civilisations qui toutes ne se valent pas” nous avons rapidos tenté d’établir avec bon nombre d’entre elles un contact , qu’elles soient Antiques ou moins,
Pré-Colombiennes ou pas, Perses, Grecques, Indiennes, Africaines, Égyptiennes, toutes par Fax nous ont répondu unanimement:
-” Votre Guéant, vous pouvez vous le garder, on en veut pas!!! Même, emboucané jusqu’à la dixième génération…Niet, Nada, No, Non, No Nein,…”.
etc.



En fait on avait demandé ça par pure courtoisie, on en connaissait forcément la réponse…



La seule “civilisation” dans laquelle Claude Guéant serait encore un peu toléré comme fosile serait   celle de l’UMP qui ne
laissera sans doute pas une trace impérissable dans l’histoire.



S

geneghys 03/02/2012 12:29


Et avec la nouvelle loi française sur le fichage de tous les pelés et tondus de France, la STAZI française a déjà des empreintes des voyageurs récalcitrants! Et toc!!

geneghys 03/02/2012 12:27


Relayé sur http://www.faicmfsf.org/2012/02/une-journee-banale-sous-le-ministere-de-claude-gueant/


Faut que je regarde comment nous, on les expulse, parce que ça été très décrié. Il y a eu un mort par étouffement et depuis, certaines règles ont changé. Mais pas très beau non plus...


Bises


Gene

Nosotros.Incontrolados//Les Amis du Négatif 03/02/2012 18:13



L'intérêt avec les dispositions de la nouvelle loi c'est qu'il ne sera plus nécessaire, sinon superflu,  de justifier de pourquoi et comment en plus d'avoir été asphyxiés les retenus auront
été retrouvés avec les bras,les jambes et les cranes  brisés.


Par pure soucis d'économie écologique de paperasse probablement....