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ABC Antwerpen
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12:50 (il y a 51 minutes) | ||||||
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1. Occupation du préau de la prison de Gand
2. Rassemblement devant la prison de Lantin & sur la situation de Farid Bamouhammad 3. Un mort dans le Petit Chateau, centre ouvert de FEDASIL à Bruxelles ---- 1. OCCUPATION DU PREAU A LA PRISON DE GAND Le soir de 16 décembre, une quarantaine de détenus ont occupé le préau de la prison de Gand. Ils ont refusé de réintegrer leurs cellules après la promenade. La direction a negocié avec les prisonniers, ensuite la moitié serait retournés à leurs cellules. La direction a appelé la police pour forcer les autres vers 20h à réintegrer leurs cellules ("avec un peu de force", selon eux). Il y a quelques semaines, des occupations similaires ont eu lieu aux prisons de Dendermonde et de Merksplas. Que la solidarité devienne une arme! --- 2. RASSEMBLEMENT DEVANT LA PRISON DE LANTIN, 21 decembre 2007 Le 21 decembre une quinzaine de personnes se sont rassemblées devant la prison de Lantin (Liège). Le peu de visiteurs ont eu des tract, tandis que des tracts ont été laissé dans les environs de la prison (voitures, abribus,...). Avec une mégaphone les gens ont fait le tour de la prison. Beaucoup de réactions des prisonniers et des prisonnières: le grand tour où il y a les prisonniers, un bâtiment plus petit où il y a les prisonnières. Du coté du fameux bloc U, le quartier d'isolement, évidemment la silence regnait... Le rassemblement a fait beaucoup de bruit, des slogans ont été guelés depuis l'extérieur et l'intérieur. Ce rassemblement a eu lieu en solidarité avec tous les prisonniers qui se battent et contre toutes les prisons. Un des prétextes était ce qui se passe actuellement avec Farid Bamouhammad. Il y a quelques semaines, il fut transféré de la prison de Ittre à la prison d'Andenne, où les matons ont directement entamé une grève. Ensuite il fut transféré à Ittre où ils l'ont mis au cachot, les mains et les pieds menottés en permanence, durant 15 jours. Farid a raconté à sa mère que des matons sont venus dans le cachot pour lui donner des coups avec une barre de ferre. Quand l'avocat de Farid a déposé plainte contre la prison d'Ittre et son directeur Fonck, il fut de nouveau transféré à Lantin. Arrivé à Lantin, il y a eu un incident entre Farid et le directeur. Farid a été mis en isolement directement, avec les mains et les pieds menottés en permanence. Il ne peut pas écrire et a 'droit' à un coup de fil par semaine. Hier soir il racontait qu'il n'est pas dans sa cellule habituelle dans le bloc U, mais dans une cellule spéciale qu'il n'a jamais vu auparavant. Mort à la prison et à son monde! Le tract qui fut diffusé: UNE ANNÉE NE SE PASSE PAS COMME ÇA... Une année ne se passe pas comme ça. Un an de mutineries et de révoltes dans les prisons belges, de multiples évasions et surtout un grand silence qui a été brisé. Dans une dizaine de prisons, des prisonniers se sont révoltés contre leur enfermement, chaque fois de la manière qu'ils ont choisie eux-mêmes. En faisant cela, ils ont retiré le masque démocratique de ces établissements ; car, en plus de la pure privation de liberté, la prison signifie aussi torture, mauvais traitements, isolement, sous-alimentation, surpopulation, peu de visite,... Il y a toujours eu des gens qui se sont mis du côté des prisonniers révoltés. Des gens pour qui la solidarité est une arme contre ce monde d'exploitation et de domination, des gens qui ont essayé d'amener dans la rue la question de la prison. Des gens qui reconnaissent dans la révolte des prisonniers une aspiration à la liberté qui est aussi la leur. Une aspiration à la liberté qu'ils sentent brûler au fond d'eux-mêmes quand ils se trouvent devant leur employeur, leur patron, leur assistant social, leur prof,... La prison est tout simplement un instrument des riches et des puissants pour maintenir la peur auprès du reste de la population et la garder sous le joug. Il ne nous surprend donc en rien que l'Etat n'écoute pas les prisonniers et qu'il rende sévèrement les coups. C'est pour cela que l'Etat, ses directeurs de prisons et leurs matons mettent à l'écart certains prisonniers qui sont trop récalcitrants en les gardant dans un isolement presque permanent. Cela implique concrètement 23h par jour en cellule, aucun contact avec les autres prisonniers et une promenade seul dans une cage. C'est pour cela que certains prisonniers sont transférés sans cesse d'une prison à l'autre. Pour cela aussi que beaucoup de prisonniers révoltés sont passés à tabac et maltraités par les matons. C'est ce qui se passe pour le moment et depuis longtemps pour Farid Bamouhammad qui a reçu le surnom de Farid le Fou par les charognes des médias. Depuis des années, Farid refuse d'accepter la réalité de la prison, de se soumettre, et donc de cesser d'être 'Farid'. Pour cela, ils le gardent en isolement permanent et le transfèrent sans cesse. Les matons ont à plusieurs reprises entamé des grèves parce qu'ils voulaient qu'il parte de 'leur' prison, parce qu'ils ont peur de son fier refus de se soumettre. Début décembre, les matons de la prison d'Andenne ont ainsi entamé une grève pour exiger que Farid soit transféré dans une prison de haute sécurité. Comme c'est souvent le cas, les matons ont directement été satisfaits et Farid a été transféré à Ittre. Là, ils l'ont gardé presque deux semaines en isolement total. Il a été menotté de manière permanente aux mains et aux pieds. Il y a quelques jours (mi-décembre) , il a de nouveau été transféré à Lantin, où il avait été détenu quelques mois auparavant et il a de nouveau été mis en isolement dans le bloc U, le quartier d'isolement, après un incident avec le directeur qui voulait lui faire la leçon. Il y a un an de ça, ce fameux bloc a en grande partie été détruit lors d'une mutinerie des prisonniers… N'oublions pas que d'ici peu, l'Etat donnera une réponse très concrète avec la construction de plusieurs nouvelles prisons (des prisons 'normales', psychiatriques, pour mineurs, des cellules de sécurité pour les récalcitrants, centre fermés pour les sans papiers et un éventuel achat des prisons bateaux hollandaises). Mais n'oublions pas non plus que le monde des prisons n'est pas invulnérable, que la révolte est à portée de main et que la machine à enfermer peut être sabotée. Contre toutes les prisons Liberté pour tous --- 3. UN MORT DANS LE CENTRE OUVERT PETIT CHATEAU DE FEDASIL Dans le weekend de 15 à 16 décembre, un refugié algérien est mort au Petit Chateau, centre ouvert de Fedasil à Bruxelles. Suite à une autopsie, les docteurs ont constaté qu'il avait été bourré de médicaments. Il est le sixième mort au Petit Chateau de cette année. Suite à cette énième meurtre d'Etat, une série d'initatieves de solidarité ont eu lieu. Le lundi matin, une cinquintaine de personnes se sont rassemblés devant le centre, le mardi matin de nouveau un rassemblement. Le vendredi il y a eu un rassemblement avec de la soupe. Notre dégoût d'une énième meurtre d'Etat ne nous fait pas des démocrates pleurantes qui avaient attendu autre chose de l'Etat. Nous conaissons tous les responsables de ce meurtre, jettons le joug de l'humanitarisme et identifions nos ennémis. Ils s'appelent FEDASIL (gestion des centres ouverts), Croix Rouge (gestion des centres ouvertes), La STIB & la SNCB (qui collaborent aux déportations), le Caritas International (qui encourage des refugiés avec des primes pour se dégager du pays), tous les partis politiques, chaque batard de l'Office des Etrangers, chaque maton qui travaille dans les centres fermés, chaque assistant sociale qui essaye de découvrir la nationalité des refugiés non-identifiés par le OE,... (A SUIVRE) |
Laurent JACQUA
Maison Centrale de Poissy
17 Rue Abbaye
78300 POISSY
La première fois que je l’ai vu c’était dans les années 90 dans la petite cours des D.P.S. de la troisième division à Fresnes.
Nous étions quelques uns réunis dans ce trou à rats après moult transferts disciplinaires, bref que des gens de bonne compagnie...
Des complices et amiEs joyeux et compréhensifs ont jeté des paquets contenant des clés de 14 et une pince coupante par-dessus le mur d’enceinte de la prison Juliette-Dodu.
Les prisonniers les récupèrent en jetant leurs chaussures sur les filets de protection, faisant ainsi tomber les paquets au sol.
Ne reste plus qu’à les récupérer (photo d’archives RLY).
photo annuaire justice/gouvernement
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"cavamapoule@no-log.org"
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Incendie dans le bloc d'isolement à Lantin
Jeudi 27 mars, un maton dans le bloc d'isolement de la prison de Lantin a profité de l'occassion pour serrer très fort les menottes de Farid
Bamouhammad.
Chaque fois qu' il sort de sa cellule, Farid est menotté. Quand le maton a enlevé les menottes, la torture lui est retombée dans sa gueule - une
à peine main libérée, Farid a donné un coup de poing '(celui avec les menottes) dans le visage du maton.
Ensuite, Farid s'est barricadé dans sa cellule en attendant l'intervention de l'équipe anti-émeute.
La direction et les matons ont décidé de ne pas intervenir et de le laisser barricadé dans sa cellule.
Farid a maintenu la barricade pendant trois jours.
Durant ces trois jours, il est resté menotté très serré par une main ce qui a blessé grièvement et douloureusement son poignet (des blessures de 3 centimètres de longueur et 2 centimètres de largeur).
Samedi 29 mars, Farid a incendié sa cellule. Deux autres prisonniers du bloc d'isolement l'ont suivi et ont également incendié leurs
cellules.
Les matons ont éteint le feu, les deux autres prisonniers ont été transférés immédiatement tandis que Farid restait dans sa cellule à moitié
brûlée.
Par la suite, les matons ont dû couper les menottes avec un oxycoupeur parce que la clé ne fonctionnait plus, ce qui a provoqué d'autres lésions et des brûlures au poignet.
Il y a quelques jours, la commission disciplinaire a condamné Farid pour "menaces de mort", "coups et blessuresn incendie volontaire" à 15 jours
de cachot.
Les autres mesures d'exception (l'isolement, les menottes, les visites limitées,...) restent bien sûr en vigueur.
Nous soutenons Farid dans sa révolte déterminée.
pour qu'ls ne réussissent jamais à le briser.
---
Son adresse et les coordonnées de la prison:
Farid Bamouhammad
Prison de Lantin
2, rue des Aubépines
4450 Lantin
Tel. 04/ 239.65.00
Rassemblement devant la prison de Lantin
Le 28 avril 2008, une quinzaine de personnes se sont rassemblées devant la prison de Lantin. Le prétexte pour ce rassemblement de solidarité contre toutes les prisons était la construction d'une nouvelle cage dans les caves de Lantin, destinée à Farid Bamouhammad. Récemment, Farid avait incendié sa cellule d'isolement (fin mars, ensemble avec deux autres prisonniers détenus dans le même bloc et transférés peu après). Actuellement, l'ancien quartier d'isolement à la prison de Lantin, le fameux bloc U, est en plein travaux de rénovation pour y installer les nouveaux modules d'isolement, ce qui est aussi le cas dans la prison de Bruges.
Après beaucoup de bruit, des slogans et de la communication entre les personnes à l'intérieur et à l'extérieur, la tension est montée dans les cellules. Les prisonniers hurlaient, entre autre, qu'ils étaient traités comme des animaux et qu'ils étaient régulièrement tapés par les gardiens. Ils hurlaient aussi des cris comme « plus d'hélicoptères ! » et « Liberté ! ». Des objets enflammés ont été lancés à travers les fenêtres, les prisonniers tapaient sur les portes et les barreaux et selon la police, des matons et des prisonniers auront été blessés suite à des affrontements. Après 20 minutes, la police est venue sur place pour arrêter les individus solidaires. Après une tentative de fuir à travers les champs, la police a encerclé et embarqué toutes les personnes. Elles ont été emmenées au commissariat d'une petite commune de Visé, à une dizaine de kilomètres de Lantin. Ils ont été relâchés après quelques heures sans charges.
Avant la manifestation, des tracts ont été laissés dans les boîtes aux lettres à Lantin et dans le quartier des logements sociaux La Trappe (Ans). Le tract a aussi été diffusé auprès de quelques visiteurs. Nous reprenons une partie du tract ci-dessous.
ILS CONSTRUISENT DES CAGES À LANTIN…
Depuis des semaines, la prison de Lantin est en chantier. Chaque jour, c'est le bruit, insupportable…les nouvelles cellules de haute sécurité s'annoncent. Des cellules dans les caves de Lantin où des personnes seront enfermées pour être isolées, oubliées. L'État a déjà annoncé quelles personnes auront l'honneur d'être foutues là-bas : les détenus « récalcitrants » comme ils les appellent.Ceux qui ne baissent pas la tête, qui ne se laissent pas détruire par les drogues, qui n'ont pas peur d'affronter la prison - en s'évadant ou en s'attaquant directement à leurs bourreaux : les matons.
Farid Bamouhammad est une de ces personnes là. Depuis quelque temps, la direction de Lantin menace de lui injecter de l'Haldol. Ils
menacent de le droguer et de l'interner. Et tout le monde sait qu'une fois interné, on n'en sort plus.
Vers mi-avril, ça a été le coup presque fatal : les matons ont annoncé à Farid qu'il avait droit à un traitement spécial supplémentaire : ils sont en train de construire une cage,
spécialement pour lui, dans une tentative de le briser. Certains matons le menacent chaque jour: « On va te tuer. On va te tuer. »
C'est la direction et les matons qui collaborent chaque jour qui sont responsables.
Nous serons toujours du côté des prisonniers qui se révoltent,
ET NOUS NE LE LAISSERONS PAS FAIRE.
Solidarité !
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17:25 (il y a 6 heures) | ||||||
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Il y a quelques mois, le livre de Xosé Tarrio (Huye, hombre, huye) sur son vécu, la taule et le régime FIES en Espagne a été publié en
allemand. Pastora, la mère de Xosé, a fait un tour en Allemagne, Autriche et aux Pays-Bas pour présenter cette édition. Gabriel Pombo da Silva a écrit le texte ci-dessous
comme contribution. Nous diffusons la traduction qui a été faite.
CONTRIBUTION DE GABRIEL POMBO DA SILVA
Le 8 mars , Aachen (Aix-la-Chapelle)
Le rêve de nombreux politiciens est de concevoir les villes comme des prisons : des caméras à chaque angle, de puissants projecteurs qui ne laissent rien dans l'ombre, un flic pour contrôler chaque individu et réduire toute protestation ou toute remise en cause du système à une simple insatisfaction personnelle suivant le cadre juridique supposé nous garantir une série de "droits" qu'ils nomment fondamentaux ou de l'homme.
Ce rêve n'est pas seulement un mélange de "1984" d'Orwell et du "Meilleur des mondes" de Huxley où les peurs, réelles ou construites, la technologie, les drogues et la génétique font des hommes les objets d'un nouveau système totalitaire.
Ce rêve, c'est la réalité que nous vivons aujourd'hui, des deux côtés des murs ou des frontières. Quand nous disons "Todos somos presos", nous sommes tous prisonniers, nous voulons dire que nous vivons une existence d'objets, car le système nous transforme en êtres qui ont oublié leur passé de sujets dotés de mémoire, de conscience, d'envies et de capacité de lutter pour la liberté, pas comme maintenant quand s'applique le lavage de cerveau par les moyens de désinformation. Les débats télévisés pleins d'intellectuels et d'experts en politique ont déclaré morte la classe ouvrière, qu'il n'y aura plus de prolétariat, ni aucun potentiel révolutionnaire qui justifierait les théories sur la nécessité des révolutions et de la lutte de classes. Il ne nous resterait plus qu'à accepter l'exploitation menée par ce sytème dénommé démocratique, ou à protester pacifiquement sans trop le déranger. Dans un même élan, ils appellent aussi les guerres impérialistes des "interventions humanitaires" et la torture des "méthodes d'interrogatoire", la liste de ces euphémismes est interminable.
Le pire, ce n'est pas ce que font les intellectuels représentants du néo-libéralisme et du capital, ou ceux qui sont au service du gouvernement en place et de l'état, car ils ne font que leur travail, ce pour quoi et par quoi ils vivent. Le pire, c'est de voir et d'entendre tant de gens normaux, qui sont pourtant les mieux placés pour comprendre et reconnaitre ces choses, répéter comme des perroquets les conneries et les mensonges de ceux qui nous mènent au désastre, sans y réfléchir par eux-mêmes.
La guerre de classes n'est pas une abstraction du passé qui ne servirait qu'à ce qu'une partie de la classe politique s'auto-légitime comme parti des travailleurs ou travailliste.
Nous tous et toutes qui n'avons et ne voulons même pas le pouvoir, que nous soyions ouvriers ou pas, constituons le prolétariat, consciemment ou pas. Et dans une société où la différence est claire et nette entre les intérêts de ceux qui sont en haut et de ceux qui sont en bas, c'est la conscience qu'ont celles et ceux du bas pour affronter ou accepter ce système d'inégalité qui est décisive.
Cette brève introduction politique est importante pour moi, pour pouvoir vous parler ici et aujourd'hui et vous dire que notre activité politique et nos intentions ne doivent pas se résumer à une question de droits de l'homme. Prendre catégoriquement position contre les prisons et contre l'isolement et la torture, plus ou moins dure, signifie lutter pour tout, dans un système où nous sommes tous prisonniers, même à des degrés différents.
Au moment où certains d'entre nous se retrouvent pour lutter contre les prisons, nous devons poser que ce que nous voulons, ce ne sont pas des prisons plus humaines; aucune prison ne peut être humaine, pas plus que l'esclavage ou la tyrannie. L'analyse de cette partie de la société nous aide à mieux comprendre dans quel type de société nous vivons. Car les taules sont un petit miroir qui reflète toutes les valeurs dominantes et les outils utilisés pour combattre la résistance et le désir de vivre de celles et ceux qui osent se rebeller, que ce soient des prisonniers "sociaux" ou "politiques".
Il faut démasquer et protester contre ce système de destruction et de torture, comme les FIES en Espagne, le 41 bis en Italie, l'isolement et la mise en détention de sécurité en Allemagne, les QHS en France ou les prisons de type F en Turquie, et nous pourrons montrer comment sont respectés les soi-disants droits de l'homme sur les terres démocratiques.
Et nous, personnes en général marginalisées, avec ou sans conscience de classe, ne pouvons jamais être sûres de ne pas finir un jour dans une de ces cellules. C'est une épée de Damoclès qui pend toujours au dessus de nos têtes.
Bien sûr, il nous faut nous organiser, car nous avons des intérêts communs, par delà les murs, les frontières et les idéologies qui nous séparent. Ce qui se passe à l'occasion de cette soirée en est un exemple : Pastora une ouvrière impliquée dans les luttes sociales,avec une militante anticarcérale basque, un squatteur basque, un autonome allemand et moi, prisonnier anarchiste en Allemagne, avons, au delà de toutes les différences que nous pouvons avoir, créé un moment de lutte, unis par nos similitudes et en nous organisant autour de questions de base qui de manière générale, et je dirais universelle, nous intéressent.
En ce moment même apparaissent de nouveaux "Tarrios", "Pombos", "Ortizes" "Zamoros", comme de nouveaux systèmes FIES. Et nous savons que nous provenons du coeur de l'inégalité des possibilités et de l'injustice du système. Nous sommes ordinaires, tout comme les tabassages et les tortures ne sont pas des choses inhabituelles, mais normales que nous infligent des gens pour un salaire et non en raison d'une idéologie fasciste. Ce qui est doublement triste.
Bien sûr, la mentalité sociale est aussi le résultat d'une histoire collective, mais pas seulement. En revanche, la rebellion contre l'injustice est universelle et échappe aux cultures, à la couleur de peau ou à l'origine et vit dans les individus libres, des humains qui refusent de se laisser contrôler et aliéner au nom d'une vérité universelle, complètement fausse.
L'histoire vitale de Xose, de Paco Ortiz, de Patxi Zamoro et de milliers d'autres, qui continuent à résister sur toute la planète nous apprend quelque chose que nous ne devrions pas oublier : la rebellion est possible, partout et tout le temps. Les liens d'amitié et d'amour sont plus forts que les chaînes et les punitions qu'ils nous infligent.
Dignité, rebellion, amitié, amour, solidarité, liberté, organisation sont quelques unes des idées et des valeurs que nous défendons et pour lesquelles nous luttons.
Hier, aujourd'hui et toujours!
Un salut combatif d'une geôle destructrice de Aachen, Allemagne. Je vous remercie de votre attention!
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