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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 08:17
MessagePosté le: 25/03/2008 - 1:00:51    Sujet du message: [News] Un gène capable de bloquer le virus du SIDA Répondre en citant

J'ai trouvé ça sur "betapolitique", un site très intéressant néanmoins recommandé par quelques amiEs et d'autres aussi bien entendu. (Vous tapez betapolitique dans la barre de recherche et vous y serez...).
En tout état de cause on peut s'interroger sur la pertinence de ces "révélations" et même avancer l'hypothèse selon laquelle le virus aurait été "mis en réserve" par les labos afin de mieux servir les lobbyes favorables aux manipulations génétiques sur l'homme en jouant sur moult tableaux de la biologie combinés à la recherche comme alibi.
On ne sait encore rien de notre côté, mais je vais pousser quelques portes (il me faudra un peu de temps....) et puis les N.I reviendront sur le sujet....La plus élémentaire des circonspections s'impose à tout le moins.
Qu'en pensez-vous?
Steph.

Le 28 février dernier, à Edmonton, une équipe de chercheurs de l'université de l'Alberta a découvert un gène capable de bloquer le VIH et empêcher à son tour le SIDA de se développer. Stéphane Barr, un virologiste moléculaire du Département de Microbiologie Médicale et Immunologie, déclare que son équipe a identifié un gène appelé TRIM22 qui peut bloquer l'infection par le VIH dans une culture cellulaire en empêchant le virus de s'assembler. "Quand nous introduisons ce gène dans les cellules, il empêche l'assemblage du virus VIH," raconte Mr Barr. "Cela signifie que le virus ne peut pas sortir des cellules pour en infecter d'autres, bloquant ainsi la diffusion du virus."


Coupe schématique du virus de l'immunodéficience humaine (VIH)


Barr et son équipe a aussi empêché des cellules d'activer le gène TRIM22, provoquant d'un phénomène intéressant : la réponse normale de l'Interféron, une protéine qui coordonne les attaques par des gènes comme TRIM22 contre les infections virales sont devenus inaptes à bloquer l'infection par le VIH. "Cela signifie que TRIM22 est une partie essentielle de la capacité de notre organisme à repousser le VIH. Les résultats sont très intéressants car ils montrent que notre organisme possède un gène qui est capable d'arrêter la diffusion du VIH."

"De nouvelles souches du VIH, résistantes aux traitements, ne cessent d'apparaître, il est donc nécessaire de développer des moyens plus naturels de bloquer le virus. La découverte de ce gène, qui se trouve naturellement dans nos cellules, pourrait ouvrir une nouvelle voie," annonce Mr. Barr "Le gène empêche l'assemblage du virus, l'idée serait de développer à l'avenir des médicaments ou les vaccins qui peuvent imiter les effets de ce gène." "Nous essayons actuellement de calculer pourquoi ce gène ne fonctionne pas chez les personnes infectées par le VIH et s'il y a une façon d'activer ce gène chez ces individus," a-t-il ajouté. "Nous espérons que notre recherche mènera à la conception de nouveaux médicaments, ou vaccins, qui pourront interrompre la transmission de personne-à-personne du VIH et la diffusion du virus dans un même organisme, nous allons aussi commencer à examiner la capacité du gène de combattre d'autres virus."

Les découvertes de l'équipe de M. Barr sont publiées dans The Public Library of Sciences Pathogens.

Source: BE Canada numéro 332 (18/03/2008) - Ambassade de France au Canada / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53583.htm
Illustration: Wikipédia
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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 14:51

Texte relayé à partir du "69-3" par nous autres...

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Appel à deux journées d’actions décentralisée pour les squats et espaces autonomes

dimanche 30 mars 2008, par lacandon

"Les vendredi 4 et samedi 5 avril 2008, nous appelons à deux jours de manifestations, d’actions directes, d’informations publiques, de fêtes de rue, d’ouvertures de squats... pour défendre les espaces libres et promouvoir une culture populaire anticapitaliste.

A travers ces deux jours, nous voulons aider à donner plus de visibilité aux espaces autonomes et aux squats en tant que mouvement politique européen et , au-delà, global. Nous voulons créer des solidarités et interconnections entre divers squats et espaces autonomes. Nous voulons continuer à mettre nos lieux en lien avec de nouvelles personnes et de nouvelles luttes. Nous voulons soutenir la création de squats dans des endroits où il y en a peu, dans des endroits où il n’y a pas de mouvement squat, dans des endroits où il est devenu difficile d’ouvrir de tels lieux. Nous voulons construire, étape par étape, notre capacité à dépasser la vague de répression qui s’abat sur nous.

Nous appelons à des actions autonomes et décentralisées en tout genre, en fonction de ce que les gens ressentent comme le plus approprié à leur contexte local. Vous trouverez ci-dessous un peu plus d’explications sur le contenu politique que nous voulons donner à ces deux jours." (...)

Vous trouverez la suite de l’appel en bas de ce message ainsi que sur le site http://april2008.squat.net/. Une version tract pdf en français est disponible sur http://april2008.squat.net/fr/. Il ne s’agit pas d’un texte définitif, mais d’une moyen provisoire pour introduire ce projet et en discuter. Il a été lancé par un groupe de personnes impliqués dans divers espaces autonomes à travers l’Europe. Nous avons voyagé avec cet été et l’avons présenté à différents collectifs. Au vu de la dynamique actuelle de résistance autour des espaces autonomes en Europe, il semble que l’idée est maintenant relayée rapidement et avec enthousiasme.

Nous sommes partout...


Depuis des siècles, des gens se sont servis d’espaces autonomes ou de squats, urbains ou ruraux, pour reprendre le contrôle de leur vies. Ces espaces se font outils, pratiques et moyens pour mener des luttes. Depuis des décennies, les mouvements squats, en Europe et au delà, ont combattu le développement capitaliste, contribué à des luttes locales, fourni des alternatives aux cultures de profits et de consommation, permis l’existence de centre-sociaux et d’activités participatives en rupture avec l’économie. Ils ont montré la possibilité de s’organiser sans hiérarchies, de créer des réseaux internationaux d’échange et de solidarité ; ils ont changé bien des vies, hors du contrôle social et des normes sociétales.

Ces lieux sont de ces rares espaces ressources permettant des réunions & projets militants, la création et dissémination de cultures subversives, la mise en place d’échange non-marchands, le partage des savoirs et l’expérimentation de modes de vie différents, des débats collectifs, des pratiques de recyclage et d’auto-construction, d’autonomie alimentaire et de médias indépendants.

Qu’il s’agisse de squats urbains ou de terrains à la campagne, d’occupations négociées ou de ré-appropriations sauvages, d’usines aménagées ou de bâtiments auto-construits, ces espaces ont en commun d’être autant de refuges pour des rebelles et insoumi·es, exclu·e·s et sans-papier·e·s, entre autres activistes radicaux et sans-logis. Pour nous, quelle que soit leur forme particulière, ces centres sociaux sont cruciaux, et participent d’une dynamique globale de résistance.

Aux quatre coins de l’Europe, la répression avance tous azimuts


Des espaces autonomes ancrés depuis des années sont attaqués : d’Ungdomshuset à Copenhague, en passant par Köpi et Rigaerstraße à Berlin, EKH à Vienne, ou encore l’Espace autogéré des Tanneries de Dijon, les centre sociaux squattés de Londres et d’Amsterdam, Ifanet à Thessalonique... l’heure est à la répression. En France, les squats ont retenu une attention particulière de la part de la police après les mouvements anti-CPE, ainsi que la vague d’actions et d’émeutes ayant émaillé la campagne présidentielle. En Allemagne, de nombreux espaces autonomes ont été perquisitionnés avant le sommet du G8. À Genève et Barcelone, deux anciens bastions de la culture squat, les autorités tentent de mettre un terme au mouvement. Quand bien même il reste possible d’occuper dans certaines villes, force est de constater que c’est déjà devenu un crime dans d’autres pays. À la campagne, l’accès à la terre est de plus en plus dur, et les communautés doivent faire face à des législations sans cesse plus sévères en matière d’hygiène et de sécurité, sans oublier la gentrification par la bourgeoisie et les touristes. Aux quatre coins de l’Europe, nos cultures indépendantes sont menacées.

Il y a quelques mois, nous avons vu trembler les rues de Copenhague, ainsi qu’une explosion de rage partout en Europe, après l’expulsion d’Ungdomshuset. Depuis lors, une série d’évènements et de résistances d’espaces autonomes a contribué à redonner du sens à l’idée de "solidarité internationale".

Car nous sommes mu·e·s par la même passion, sentons la même détermination, nous heurtons à un même ennemi dans la répression. Nous sommes uni·e·s, par delà les frontières, par notre volonté de construire un monde d’égalité et d’auto-détermination. Îlots de liberté, nous voulons être incontrôlables, et continuer à agir en solidarité, à renforcer nos liens partout dans le monde, malgré les kilomètres qui nous séparent.

Au delà des actions...


Nous souhaiterions aussi que ces journées d’actions puissent inspirer des discussions, permettre de confronter diverses stratégies et possibilités, constituer une occasion de partager. Voici certains des points que nous aimerions aborder :

- Questionner la notion d’"espaces autonomes" ; qu’en voulons-nous, quel peut être leur rôle dans des dynamiques de changement social radical ? Où peuvent-ils se situer, entre "alternatif" et "confrontationnel" ?

- Échanger informations et idées sur l’étendue des activités qui peuvent exister au sein d’espaces autonomes et leur fonctionnement ; interroger notre rapport à la production de biens et de services ; encourager le partage de savoirs, particulièrement entre ville et campagne.

- Livrer nos expériences, s’inspirer les un·e·s les autres, comprendre comment fonctionne tel collectif en interne, comment tel autre organise ses activités, comment nous gérons les questions d’agent et d’économie...

- Mettre en perspective nos diverses manières d’acquérir de l’espace ça et là : occupations illégales, auto-constructions, wagenburgs et véhicules, achats collectifs, baux précaires...

- Partager des ressources pratiques et solidarités entre : · divers·e·s usager·e·s des espaces autonomes (actuels ou potentiels) : coopératives, sans-papier·e·s, activistes, travellers, urbain·e·s, ruraux & rurales ; · diverses manières d’utiliser l’espace : activités publiques, espaces de rencontres pour des groupes et projets, espaces d’habitation ;

- Permettre l’élaboration de stratégies collectives face à la répression étatique et aux expulsions.

Qui sommes-nous, comment pouvons-nous collaborer sur ce projet et le faire exister ?


Pour l’heure, nous sommes un groupe de gens impliqué·e·s dans divers espaces autonomes de part l’Europe, qui a commencé à discuter de cet appel. Nous voulons rencontrer divers collectifs dans les mois qui suivent, voir comment cette proposition de journées d’actions décentralisées est accueillie, et comment les un·e·s et les autres veulent s’impliquer. La réussite de ce projet dépend beaucoup de notre capacité à créer un groupe de travail international plus important. Pour ce faire, une réunion d’organisation est prévue fin novembre, à l’Espace autogéré des Tanneries."

Pour tout renseignement, prenez contact : april2008.squat.net

S Q U A T S - F R - D I F F U S I O N https://squat.net/mailman/listinfo/squats-fr-diffusion Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats Hébergée par squat !net - http://squat.net https://squat.net

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 12:32
REUNION INFORMELLE DES NOSOTROS.INCONTROLADOS DU 02/04/08

Il y a eu quelques boutanches et un peu de chuchen - il n'est plus ce qu'il était...Certaines retrouvailles étaient assez chaleureuses, d'autres un peu tièdes...dans l'ensemble ça va.
Tout le monde apprécie et adopte les potes  de l'ocsena (ZAZ), ça c'est la bonne nouvelle. l'autre c'est qu'il nous échoit à Edith et moi d'assurer (quasi seuls)  les publications de N.I (ça m'a fait marrer puisque dans les faits c'était déjà le cas...alors le formalisme....) que quelques un(e)s décidaient se mettent en retrait de N.I sans lâcher le radeau pour autant...Deux autres préfèrent "orienter" leur temps dans un "lutte anti-sarko", un peu comme il y avait le scalp/no-passaran, méthodes comprises et revendicationnismes divers...Démarches que ce couple estime plus "concrètes"....
En attendant, je continue d'administrer aussi le forum de discussions "Paul-louis Courier... sur lequel vous êtes cordialement invitéEs.
Adresse du groupe Adresse Web actuelle :
http://groups.google.com/group/paul-louis-courier

Adresse e-mail actuelle :
paul-louis-courier@googlegroups.com


Lutter contre sarko est une chose que nous partageons, mais les "méthodes concrètes" semblent  ne surgir que du traitement de "l'effet" et bien peu des causes....nous ne nous sommes pas fâchés tout à fait...sauf lorsque d'aucuns croyaient devoir s'en prendre à moi en dénonçant une attitude "dirigiste", "élitaire", "esthétisante" voir autoritaire....
Et zou! encore une rasade de chuchen...direction grenoble.mi-figue/mi-raison....
Pas sûrs que lels N.I en sortent plus forts....c'était déjà un peu bancal....On se reverra...en attendant ça continue...mais je fatigue un peu pour ma part...il m'arrive d'avoir "le blues" comme ce matin après une route pourrie...et plein de trucs contradictoires dans la tête....l'envie de tout lâcher...de poursuivre....On devrait se revoir cet été quelque part du côté de Toulouse...se louer un gite, une semaine....élan très mittigé....ambiance morose sur le tard. Contents de rentrer...
Au passage, les potes Belges, québecois, toulousains, limousains,marseillais, charentais n'étaient pas présents...On a tout bu quand même....
Voila, vaguement proposé: la rédaction d'un "compte rendu"...En voici une première esquisse...
Steph.
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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 12:03
APPEL A SOUTIEN POPULAIRE:
AIDEZ, HEBERGEZ, CACHEZ, FRATERNISEZ AVEC LES "ESCAPADORIOS" DES CENTRES FERMES...
______________________

Vous pouvez signer l’appel de la directive de la honte sur directivedelahonte.org.


Lot Stopauxrafles, Vol 51, Parution 2   Boîte de réception



 Répondre 
"stopauxrafles-request@lists.collectifs.net" 
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Envoyez vos messages pour la liste Stopauxrafles à
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Vous pouvez contacter l'administrateur de la liste à l'adresse
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Si vous répondez, n'oubliez pas de changer l'objet du message afin
qu'il soit plus spécifique que "Re: Contenu du digest de
Stopauxrafles..."


Thèmes du jour :

   Cinq réfugiés s'échappent
du Centre 127bis (Oscar)



-

 Dans la nuit de lundi à mardi, 5 réfugiés du Centre 127bis à Steenokkerzeel se sont échappés. Quatre d'entre eux sont toujours dans la nature, alors que la police en a intercepté un. Ce n'est pas la première fois que des réfugiés s'échappent du centre.

C'est le service de sécurité du centre fermé qui a remarqué la disparition lundi soir, après avoir aperçu des personnes errer autour du centre, grâce aux caméras de surveillance. La police locale de Steenokkerzeel a immédiatement été prévenue et a lancé une opération de recherche. En même temps, un appel était réalisé à l'intérieur du centre, rapportant la disparition de deux Irakiens, deux Syriens et un Iranien.

La police a fouillé les environs du centre fermé durant quelques heures, sans résultats. Mardi matin, un homme correspondant au signalement d'un des Irakiens a été repéré dans la commune voisine de Nossegem. Il a été interpellé par la police et reconduit au centre. Selon la police de Steenokkerzeel, des réfugiés s'échappent régulièrement du 127bis. "Il y a environ un an, nous avons connu plusieurs cas de fuites rapprochés dans le temps, mais depuis, la situation était calme", a déclaré le porte-parole de la police.

 (belga)


                   Oscar Flores / 0496 40 33 09
 Mail : werken2004@yahoo.fr
 Parrainage dans les centres fermes : http://parrainage127bis.canalblog.com/
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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 12:41

  • 1° Comment une affaire privée passe par chance vaseuse imprudemment publique

    Starring pour commencer dans ce très beau film d’art et d’essai que nous allons vous exposer, Georges-Marc Benamou, conseiller pour la culture à l’Elysée, et Olivier Poivre d’Arvor, "monsieur frère" (ce qui ne devrait pas être en soi une tare, ni non plus une qualité !), qui est quelque chose d’important ailleurs à la télé. C’est le Canard qui nous en parle initialement la semaine dernière juste après les élections municipales en évoquant une affaire d’amour qu’a mal tourné entre eux à propos de la Villa Médicis, promise (la direction s’entend) par le premier au second mais finalement accaparée (la direction s’entend toujours) par le premier, lequel a perdu sa chaise curule élyséenne ("A perdu" c’est à dire "est viré"), et se constitue avec brio un avantage compensatoire.

    Là, on suppose que si vous lisez les présentes lignes vous êtes bien sûr déjà au parfum sur l’essentiel, on va pas tout reprendre au début : L’histoire donc promet a priori d’être racinienne, shakespearienne même, si elle est bien menée. On attend beaucoup d’hémoglobine dans cette tragédie ! Eh bien c’est parti comme prévu, Olivier dans le rôle de Iago l’abominable déballe tout le bidule ! Par chance, Georges-Marc, imbuvable viscéral, semble ne s’être fait partout dans sa carrière que des ennemis complètement accrocs, ça biche, ça biche, la mayonnaise empoisonnée peut monter, la cabale peut s’enfler.

    Action ! entrent dans le jeu, une trentaine d’artistes en lettres capitales, écrivains et célébrités diverses, signataires d’une pétition dénonçant une nomination scandaleuse qui serait le fait du prince, vous comprenez pourquoi : Jane Birkin, artiste, François Bon, écrivain, Geneviève Brisac, écrivain, Pascal Bruckner, écrivain, philosophe, Olivier Cadiot, écrivain, Sophie Calle, artiste, Patrice Chéreau, metteur en scène, cinéaste, Bernard Comment, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Pascal Convert, artiste et ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Maryline Desbiolles, écrivain, Pascal Dusapin, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Alain Finkielkraut, philosophe, Gérard Fromanger, artiste, Valérie Gans, écrivain, Gabriel Garran, metteur en scène, François Hartog, historien, Valérie Lang, comédienne, Gila Lustiger, écrivain, Bruno Mantovani, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Pierre Michon, écrivain, Catherine Millet, critique d’art, auteur, directrice d’Art Press, Marie-Ange Munoz, écrivain, Manuela Morgaine, artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Stanislas Nordey, metteur en scène, Bernard Pagès, artiste, Giuseppe Penone, artiste plasticien, Jacqueline Risset, écrivain, professeur, traductrice, Olivier Rolin, écrivain,Tiphaine Samoyault, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Jean-Noël Schifano, écrivain, éditeur, citoyen d’honneur de la ville de Naples,Yves Simon, écrivain, chanteur, Aberrahmane Sissako, cinéaste, Alain Veinstein, écrivain, producteur à France-Culture, Marc Weitzmann, écrivain. On se demande ce que la plupart viennent faire là-dedans, mais s’ils le font c’est qu’ils ont leurs bonnes raisons et qu’ils en ont le droit. Comme ils nous interpellent ainsi, nous nous sentons, à l’Ocséna, tenus par courtoisie et obligation morale face à l’ampleur de la chose de publier aussitôt à notre tour en post sur betapolitique une sorte de mise en garde naturelle que voici :

    "La décence ou l’intelligence voudrait en principe, c’est l’usage, que l’on se taise sur les fromages (yc. les culturels) que la République se distribue périodiquement entre courtisans, et que la question ne soit en tout cas pas étalée imprudemment sur la place publique. Mais on voit qu’une subtilité légitime nous avait échappé, il y a donc des courtisans politiques et des courtisans techniques, Benamou serait des uns et son malheureux challenger Poivre d’Arvor serait des autres."

    "Comme nous n’avons aucun intérêt, nous, ni dans un camp ni dans l’autre, ça ne nous déplairait finalement pas de relever, si l’on peut dire, l’étrange débat auquel on nous invite. Le plus amusant serait sans doute celui sur la compétence : qui t’a fait compétent très aimable bouffi ? Nous n’avons rien contre aucun de ces deux garçons, mais engageons l’affaire on va bien arriver à leur trouver sérieusement quelque chose."

    On se croit quitte et libéré ! Mon oeil ! deux jours après l’affaire court toujours. Deuxième réaction de notre part, nous exprimons cette fois sous forme zaz :
    - "A côté de ça, le pire est évité, ils n’ont pas osé nommer David Douillet ! "
    - A quoi un aimable zazeur nous répond non sans à propos : "Il le méritait bien pourtant, non ?"

    2° Les sanglots longs des violons, blablabla. Le Monde débarque, vous imaginez l’ampleur !

    Hier soir, 30 03 08, grand bang dans le ciel bleu de France, le Monde s’y met à son tour, plus exactement Raphaëlle Bacqué, avec un article étonnamment meurtrier "La bataille de la Villa Médicis". Tout l’historique est là, (reportez-vous à lui) et une flopée de gens nouveaux s’y trouvent "impliqués", Patrick de Carolis, Christine Albanel, Richard Peduzzi, l’actuel directeur de la villa, Catherine Pégard, conseillère d’Albanel, de même sans doute que sa petite soeur, mais il y en a d’autres à citer nécessairement puisqu’il y a Carla Bruni-Sarkozy soi-même, ainsi que Valeria Bruni-Tedeschi, la merveilleuse actrice, elle, que nous aimons tant. Valéria est sans doute la seule là-dedans qui n’ait pas fait de connerie, elle n’est notamment pas intervenue auprès de Carla et de Nico.

    Nous vous donnons tout de suite l’épilogue de ce méchant movie, Nicolas s’en tire très bien, il refile à je ne sais quelle commission le fait de trancher sur les mérites et les quartiers de noblesse des impétrants, soit les deux thons précédents si maladroits, soit la flopée des nouveaux qui se branchent à présent sur le morceau.

    3° La réponse putative du peuple

    Reste, comme on le prévoyait, la villa que l’on a à présent sur les bras, reste le problème à poser de la légitimité des tromblons signataires (on voulait dire trublions), reste le peuple, nous, qui paie par l’impôt ces dépenses somptuaires qui ne lui sont pas destinées, reste le cas Sarkozy qui n’est nullement écorné, dirait-on, reste les Ocsénistes grosjean comme devant dans cette stupide affaire, car est-il besoin de le péciser nous ne sommes pas sarkozystes mais très exactement le contraire. Il est vrai que nous ne sommes pas trop célébrités non plus, que nous mettons souvent dans le même pot.

    Nous avons rarement vu une affaire si vainement gérée. Sur la villa, déjà, la rumeur se répand comme une traînée de poudre qu’elle coûterait une fortune représentant plusieurs fois le surcoût du régime spécial de la RATP, ce qui est archi-faux. La rumeur se répand aussi qu’elle est de ces dépenses largement superfétatoires qui, jointes à mille autres, creusent le budget de la nation, ce qui est vrai absolument on peut le dire (pensez aux chaînes parlementaires !). Hier à la télé nous entendions que La Villa Médicis est le lieu où de grands artistes sortent enfin de la galère, éclats de rires dans les chaumières ! la vrai galère est celle des Français très ordinaires. Et puis les handicapés qui défilaient hier pour une vie décente doivent quand même l’avoir amère (on ne parle pas des intermittents des années précédentes, on ne parle pas non plus de ceux qui se les gelaient rue de la banque durant l’hiver).

    Oui mais c’est le prestige de la France, cette Villa ! C’est ce qui fondamentalement justifie le régime spécial de cette si belle cantine romaine. Tant de noms illustres y sont passés !
    - Qu’ils remboursent, crie bêtement la foule.

    Statut des signataires. D’accord, on ne va pas mégoter soudain l’affection que nous avions pour les deux chiens de Jane Birkin, ou notre sincère admiration pour tel ou tel. On comprend que si la pétition n’est pas caritative comme d’hab, si elle est un poil un peu corporatiste (c’est pour la profession, on notera d’ailleurs qu’il n’y a aucun charcutier parmi les signataires), elle a aussi le mérite d’être politique : bon mais on l’a déjà dit, là c’est pas mal dans l’intention mais c’est franchement raté dans l’aboutissement.

    Et puis il y a une chose mal venue dans cette affaire outre qu’elle part d’une querelle au départ strictement personnelle, c’est qu’elle est cri du gratin ! Le gratin peut protester, c’est son droit comme celui de tout le monde, c’est peut-être aussi son devoir. Il peut faire remontrance au roi, ne le fait-il pas depuis des siècles, il le faisait déjà sous Louis XIV, XV et XVI. Il le fait au nom de son essence exceptionnelle. Mais bon, je ne sais, à être puissant ce qui est bien, il n’est pas interdit d’être subtil en plus. On se trompe sans doute, mais ça n’a pas été le cas, on parle pour la subtilité, Il est vrai que le gratin n’a pas suscité complètement la haine non plus.

    4° Hypothèse pour une conclusion

    Pour conclure correctement cette offensive assez râtée que faudrait-il finalement ? Jeter aux oubliettes par la tête les deux énergumènes par qui le scandale est arrivé. Demander aux gratinés précités de bien vouloir par décence rester un peu plus entre eux, ou ressortir les subventions diverses dont certains glavioteurs oublieux vivent richement. Enfin, sans céder la Villa aux malheureux enfants de la mucoviscidose, la faire oublier pendant quatre ou cinq ans.

    Le danger que l’’on risque dans la maladresse stratégique que nous dénonçons c’est que Nicolas Sarkozy se refasse une santé et même une assourdissante popularité s’il lui venait à vider Albanel, Carolis, Pégard et compagnie.

    Quand je pense que Chéreau, Edmonde Charles-Roux, Fumaroli sont pressentis pour trancher en sages dans ce débat, je serais à leur place je me tirerais vite fait, ne serait-ce que par respect pour le peuple. Il y en a déjà tant parmi nous qui réclament de la brioche au petit mitron qu’il est insensé à ce stade de leur promener sous le nez le fumet du gratin.

    Alain Serge Clary et les Inoxydables de l’Ocséna vous saluent bien !

    .......................................................................................................

    Les Pensées zaz de l’Ocséna

    Ocsena, Organisation contre le système-ENA... (et pour la démocratie avancée)
    - http://ocsena.ouvaton.org


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4 Messages de forum

  • En fait la rémunération du directeur de la Villa Médicis donnée dans l’article du Monde doit comporter une erreur ou une astuce, car je refuse de croire que le fromage est aussi (relativement) maigre qu’on nous dit : courtisan ne paierait plus, la bonne blague ! moins qu’un député avec la gratte ?!

    P’tit Jojo

    Répondre à ce message

  • La classe dominante artistique et intello est bien différente de l’image pour moitié qu’on s’en fait qui se limite à ce qu’on en voit de plus apparent qui est l’esprit et le talent. Elle est en réalité un authentique pouvoir, elle est établie, structurée, solidaire comme un pouvoir, son territoire est un pouvoir, il est vital pour elle de le patrouiller et de n’en point lacher un morceau. En fait, la classe dominante artistique et intello est sans le dire milieu, famille, mafia. Elle se passe les prébendes nombreuses, les positions avantageuses, selon des réseaux à vie, et souvent intergénérationnels.

    Quelle que soit sa qualité, même bien réelle, la classe dominante artistique et intello est en même temps immanquablement parasite habile de haut niveau, ses collusions sont totales avec l’argent, la force politique, les machins du système.

    Elle ne vous trompe pas du tout sur le produit (livre, film, concert, etc.) qu’elle vous offre et que vous êtes en mesure d’apprécier, elle vous trompe seulement sur tout le reste, son statut, sa place en force, sa position par rapport à vous, elle en haut et vous en bas.

    Ox

    Répondre à ce message

    • En fait, le plutôt mal nommé zinzin "bourses de pensionnaires" de la Villa Médicis relève d’une haute cuisine biaisée essentiellement parigo-germanopratine pour lequel on demande les moyens de la République (les vôtres en dernière instance, ou en première comme vous voulez c’est la même chose) ainsi que l’admiration ébahie due à la beauté par le péquin (vous encore, pauvres pommes !). Le merveilleux de la présente affaire Médicis serait de pouvoir mettre un terme à ce scandale pour gosses bénis qui dure depuis plus de 300 ans.

      Gina

      Répondre à ce message

  • La première chose à faire pour une saine et juste politique de la culture, notamment cinématographique, devrait être d’instaurer l’exil automatique à l’étranger des rejetons des grands acteurs. Sans cela on se trouve, voyez la situation francaise, dans des systèmes dynastiques négatifs et contreperformants à tous égards. Outre qu’ils sont vérolés.

    Mais s’ils ont du talent, les enfants ? c’est trop injuste ! S’ils en ont, ça ne leur fera aucun tort là-bas ! et s’ils n’en ont pas comme c’est général ça ne nous fera que du bien !

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 22:16

JE BOYCOTTE ...

dimanche 30 mars 2008.
 
Boycottage : action visant à isoler matériellement et moralement un individu ou une institution, en dénonçant ou en sabotant l’utilisation des marchandises (objets ou idéologies) qu’ils mettent en circulation.

JE BOYCOTTE...

Je boycotte les bureaucrates sanglants de Pékin qui tuent, dans la région autonome du Tibet et en Chine, pour garder la main sur le chrome, le cuivre et l’uranium tibétains, pour contrôler au Tibet le plus grand réservoir d’eau potable de l’Asie, pour éviter que les régions chinoises ne fassent sécession comme celles de l’ex-URSS, et pour maintenir leur pouvoir de classe sur une immense main-d’œuvre louée à bas prix au capitalisme mondial.

Je boycotte les ordures d’État, en France et ailleurs, qui les soutiennent, les excusent ou les ménagent en espérant - les crétins ! - « conquérir un nouveau marché ».

Je boycotte un Sarkozy qui ose déclarer que : « Le souhait de la France est que tous les Tibétains se sentent en mesure de vivre pleinement leur identité culturelle et spirituelle au sein de la République populaire de Chine. »

Note 1. Le souhait de Laval et Pétain était que tous les Français se sentent en mesure de vivre pleinement leur identité culturelle au sein de l’Europe régénérée qu’incarnait l’armée nazie. Hélas ! le « dialogue » et la « retenue » ne l’ont pas emporté...

Note 2. Fais pas le malin, Fabius ! Si des émeutiers avaient attaqué l’Hôtel de ville du Grand-Quevilly, tu aurais été le premier à appeler la troupe !

Je boycotte les niaiseux sportifs [1] qui écrivent dans une supplique à Hu Jintao : « Nous croyons que les Jeux, au-delà de la marchandisation du sport, des rivalités politiques, des récupérations, représentent ce que l’humanité a de plus pur : le dépassement de soi, la fraternité, l’amitié et le respect entre les peuple. »

« Au-delà » de l’exaltation de la « race pure », de la paranoïa antisémite et antibolchévique, de l’éradication du mouvement ouvrier et des groupes « racialement inférieurs » dans les camps de travail et d’extermination, le nazisme était une chouette aventure entre garçons musclés et jeunes filles saines appréciant le grand air et la musique symphonique.

Je boycotte un dalaï-lama, curé aussi coincé du cul que ses semblables des autres religions, et sa claque de bobos occidentaux, qui sourient niaisement à chaque communiqué d’appel au dialogue que le bonhomme pond religieusement tous les dix cadavres d’émeutiers (Quand dalaï-lama fâché, dalaï-lama toujours faire ainsi !).

Note. Peut-on boycotter un exilé politique ? En voilà une question idiote ! Imaginez que le énième pape soit chassé du Vatican et obligé de vivre, à Avignon par exemple ! Ses cochonneries sur l’euthanasie, la contraception et la branlette en deviendraient admirables, c’est ça ?

Je boycotte, puisqu’il est question de la Chine et de l’attitude des occidentaux à son égard, un Badiou qui compare les manipulations de Mao lançant la prétendue « Révolution culturelle [2] » avec l’explosion libertaire de Mai 68, et profite du désarroi des degauches sarkozyfiés pour leur refiler une version light du stalinisme maoïste, avec mentions de la « violence », qui visait malheureusement un ennemi « incertain » ou « le parti lui-même ».

Lisez-le : « Le marxisme, le mouvement ouvrier, la démocratie de masse, le léninisme, le Parti du prolétariat, l’État socialiste, toutes ces inventions remarquables du XXe siècle [sic], ne nous sont plus réellement utiles. Dans l’ordre de la théorie, elles doivent certes être connues et méditées. Mais dans l’ordre de la politique, elles sont devenues impraticables. » Badiou Alain, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Lignes, 2007, p. 150. Je souligne.

Combien de dizaines de millions de cadavres [3], Badiou, a-t-il fallu pour contraindre staliniens et maoïstes à reconnaître comme « impraticables » ces « inventions remarquables » ?

On voit qu’il n’y a pas qu’au rayon boucherie des supermarchés qu’on pratique la « remballe » !

Vous allez me dire : Boycotter, c’est un peu court, uniquement négatif... Je vous donne raison, Ninon ! Et c’est pourquoi, dans le même registre symbolique,

Je salue...

Je salue les centaines d’habitant(e)s des vieux quartiers de Pékin, dont on a rasé les maisons au bulldozer pour construire des dortoirs à sportifs et des stades où ces crétins iront battre le record de lancer du marteau. (Et la faucille, c’est pour quand ?)

Je salue les milliers de pékinois que la police harcèle depuis des mois pour qu’ils deviennent « présentables » aux yeux des rares occidentaux qui s’égareraient hors des périmètres balisés. On a particulièrement fait la chasse aux hommes qui prennent le frais torse nu, les soirs d’été. À ceux qui ont la fâcheuse habitude de cracher par terre, on a distribué des petits sacs plastique portant cette inscription : « La civilisation commence par des détails, veuillez ne pas cracher ! » Je réponds : « La civilisation commence par l’essentiel : veuillez nous foutre la paix ! »

Je salue, parmi des centaines de milliers d’autres, les émeutiers de Dongzhou (village côtier à une centaine de kilomètres de Hong Kong) qui protestaient, début décembre 2005, contre les compensations dérisoires offertes pour être chassés de leurs terres où devaient être construite une centrale électrique, attaquant les locaux gouvernementaux sous les tirs de la police (bilan : entre 3 et 20 morts, selon les sources).

Je salue les ouvriers, étudiants, et paysans, protagonistes anonymes de ce que les bureaucrates de Pékin appellent des « incidents de masse », officiellement évalués à plus de 74 000 en 2004, et 87 000 en 2005.

Je salue les dizaines de milliers de gens condamnés chaque année à la « rééducation par le travail » (laojiao), sans jugement, sur décision d’une commission administrative, pour une durée pouvant aller jusqu’à 3 ans, peines non susceptibles de remises.

Je salue Chen Guangcheng, juriste autodidacte, « avocat aux pieds nus », condamné en août 2006 à quatre ans et trois mois de prison, pour avoir dénoncé les stérilisations forcées pratiquées dans la province du Shandong.

Je salue la foule émeutière qui, en mars 2007, tint tête aux policiers cinq jours durant à Zhushan, village de montagne du Hunan, incendiant des bus (dont la compagnie venait d’augmenter les tarifs), des voitures officielles et des véhicules de police.

Je salue les 7 000 manifestant(e)s de Xiamen, ville portuaire, qui protestaient le premier juin 2007 contre la construction d’un complexe pétrochimique.

Je salue la foule émeutière qui, les 19 et 20 mai 2007 à Dungu et dans sept autres cantons de la région autonome du Guangxi, a protesté contre le contrôle autoritaire des naissances en affrontant la police, en brûlant des voitures et en donnant l’assaut aux sièges des gouvernements municipaux et aux bâtiments abritant les services officiels de planning familial.

Je salue le journaliste indépendant Lü Gengsong, condamné en janvier 2008 à quatre ans de prison, pour « incitation à la subversion de l’État », et Hu Jia, arrêté pour le même motif fin décembre 2008, après des mois de résidence surveillée, et tous leurs semblables, des centaines, dont les noms ne nous sont pas toujours connus.

Je salue Huang Qingnan, vitriolé pour avoir aidé des ouvriers à défendre leurs droits, dans un pays où la grève est interdite (mais où les grèves sauvages se multiplient) et où le code du travail ne prévoit que depuis le 1er janvier 2008 que les patrons sont tenus d’établir un contrat à durée indéterminée pour les salariés qui ont plus de dix ans d’ancienneté !

Le boycottage des jeux olympiques, compris comme thème d’agitation (il ne peut être effectif et total), peut n’être qu’une farce de plus au service du grand mensonge capitaliste sur l’évolution conjuguée et harmonieuse du commerce, du salariat et des droits de l’homme.

La seule manière de faire produire au boycottage un effet réel - et d’abord sous nos propres latitudes - est de le resituer dans la perspective d’un soutien au prolétariat et au peuple chinois, partie d’une lutte de classes féroce, dans laquelle nous avons, en tant que consommateurs de produits manufacturés et subissant nous-mêmes le capitalisme des donneurs d’ordre occidentaux, une responsabilité qui n’est pas abstraitement morale, mais politiquement et économiquement concrète.

Il en va de notre responsabilité politique (à nous aussi) si les paysans, les ouvrières et les ouvriers de Chine sont surexploités dans une sweat chop à l’échelle d’un continent d’où sont extraites les matières premières et où sont assemblés les produits que nous utilisons. S’il sert les intérêts de la bureaucratie qui le dirige encore, le régime post-maoïste fait désormais, aux yeux de tous, partie intégrante du capitalisme mondial.

Les Jeux olympiques d’août 2008 ne seront qu’un incident de mass media, qui aura été l’occasion d’un peu plus de misère, de tracasseries policières et de répression pour des dizaines de milliers de gens. Pékin en gardera des cicatrices urbanistiques indélébiles. Mais d’autres plaignant(e)s, d’autres grévistes, d’autres insurgé(e)s se battront contre la police, l’armée, le parti et les patrons.

La révolte violente des jeunes tibétains, qui rejoignent des moines bouddhistes, eux-mêmes souvent fort jeunes, se comprend aisément. Qui peut supporter sans se rebiffer de se voir expulsé de chez lui par l’armée ? Mais, contrairement à ce que semblent croire beaucoup d’admirateurs occidentaux du dalaï-lama, cette révolte n’a aucun surcroît de légitimité du fait que l’armée d’occupation est chinoise... Tous les paysans chinois chassés de leurs terres par « leur » armée et « leur » police (ne l’appelle-t-on pas la « Police armée du peuple » ?), pour construire des usines polluantes ou des résidences de luxe pour nouveaux riches, ont exactement le même droit légitime à l’insurrection, que proclamait la constitution française de 1793.

C’est à l’indépendance du monde - et des humains qui l’habitent - que nous devons consacrer nos efforts.

Ni radotages ni mantras ! Ni pain béni ni Jeux olympiques !

La liberté et la dignité partout, pour toutes et tous ! Dans et par la lutte.

Je profite de ce texte pour annoncer la parution début mai 2008 du livre China blues, aux éditions Verticales.

Ses auteurs sont Charles Reeve et Hsi Hsuan-wou. Le premier avait publié Le Tigre de papier. Sur le développement du capitalisme en Chine : 1949-1971 (Spartacus, 1972) ; le second avait collaboré au recueil intitulé Révo. cul dans la Chine pop. Anthologie de la presse des gardes rouges (10/18, 1974).

Tous deux ont déjà publié ensemble Bureaucratie, bagnes et business (L’Insomniaque, 1997).

Après un récent voyage en Chine, d’où ils rapportent une trentaine d’entretiens, ils écrivent : « La Chine du "socialisme de marché" est un des vecteurs de l’unification mondiale du capitalisme. L’émigration chinoise, conséquence de la précarisation des travailleurs chinois, est elle-même une composante de la "globalisation" de la main-d’œuvre à l’échelle mondiale. »

[1] Ceci est un pléonasme. À vos dictionnaires !

[2] « La "Révolution culturelle" qui n’eut de révolutionnaire que le nom, et de culturel que le prétexte tactique initial, fut une lutte pour le pouvoir, menée au sommet entre une poignée d’individus, derrière le rideau de fumée d’un fictif mouvement de masses (dans la suite de l’événement, à la faveur du désordre engendré par cette lutte, un courant de masse authentiquement révolutionnaire se développa spontanément à la base, se traduisant par des mutineries militaires et par de vastes grèves ouvrières ; celles-ci, qui n’avaient pas été prévues au programme, furent impitoyablement écrasées). » Simon Leys, Les Habits neufs du président Mao. Chronique de la Révolution culturelle, Éditions Champ libre, 1971 ; rééd. in Essais sur la Chine, coll. Bouquins, 1999.

[3] Je ne prétends pas faire ici l’addition des victimes du stalinisme dans ses versions concurrentes, soviétique, chinoise, et cambodgienne ; je ne voudrais pas déprimer d’éventuels lecteurs néo-nazis qui se prennent pour de vrais durs.

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 13:46

Bataille pour la Villa Médicis (zaz)

 
{{1° Comment une affaire privée passe par chance vaseuse imprudemment publique}}
 
Starring pour commencer dans ce très beau film d'art et d'essai que nous allons vous exposer, Georges-Marc Benamou, conseiller pour la culture à l'Elysée, et Olivier Poivre d'Arvor, "monsieur frère" (ce qui ne devrait pas être en soi une tare, ni non plus une qualité !), qui est quelque chose d'important ailleurs à la télé. C'est le Canard qui nous en parle initialement la semaine dernière juste après les élections municipales en évoquant une affaire d'amour qu'a mal tourné entre eux à propos de la Villa Médicis, promise (la direction s'entend) par le premier au second  mais finalement accaparée (la direction s'entend toujours) par le premier, lequel a perdu sa chaise curule élyséenne ("A perdu" c'est à dire "est viré"), et se constitue avec brio un avantage compensatoire.
 
Là, on suppose que si vous lisez les présentes lignes vous êtes bien sûr déjà au parfum sur l'essentiel, on va pas tout reprendre au début  : L'histoire donc promet a priori d'être racinienne, shakespearienne même, si elle est bien menée. On attend beaucoup d'hémoglobine dans cette tragédie ! Eh bien c'est parti comme prévu, Olivier dans le rôle de Iago l'abominable déballe tout le bidule ! Par chance, Georges-Marc, imbuvable viscéral, semble ne s'être fait partout dans sa carrière que des ennemis complètement accrocs, ça biche, ça biche, la mayonnaise empoisonnée peut monter, la cabale peut s'enfler.
 
Action ! entrent dans le jeu, une trentaine d'artistes en lettres capitales, écrivains et célébrités diverses, signataires d'une pétition dénonçant une nomination scandaleuse qui serait le fait du prince, vous comprenez pourquoi :  Jane Birkin, artiste, François Bon, écrivain, Geneviève Brisac, écrivain, Pascal Bruckner, écrivain, philosophe, Olivier Cadiot, écrivain, Sophie Calle, artiste, Patrice Chéreau, metteur en scène, cinéaste, Bernard Comment, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Pascal Convert, artiste et ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Maryline Desbiolles, écrivain, Pascal Dusapin, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Alain Finkielkraut, philosophe, Gérard Fromanger, artiste, Valérie Gans, écrivain, Gabriel Garran, metteur en scène, François Hartog, historien, Valérie Lang, comédienne, Gila Lustiger, écrivain, Bruno Mantovani, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Pierre Michon, écrivain, Catherine Millet, critique d'art, auteur, directrice d'Art Press, Marie-Ange Munoz, écrivain, Manuela Morgaine, artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Stanislas Nordey, metteur en scène, Bernard Pagès, artiste, Giuseppe Penone, artiste plasticien, Jacqueline Risset, écrivain, professeur, traductrice, Olivier Rolin, écrivain,Tiphaine Samoyault, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, Jean-Noël Schifano, écrivain, éditeur, citoyen d'honneur de la ville de Naples,Yves Simon, écrivain, chanteur, Aberrahmane Sissako, cinéaste, Alain Veinstein, écrivain, producteur à France-Culture, Marc Weitzmann, écrivain. On se demande ce que la plupart viennent faire là-dedans, mais s'ils le font c'est qu'ils ont leurs bonnes raisons et qu'ils en ont le droit. Comme ils nous interpellent ainsi, nous nous sentons, à l'Ocséna, tenus par courtoisie et obligation morale face à l'ampleur de la chose de publier aussitôt à notre tour en post sur betapolitique une sorte de mise en garde naturelle que voici :
 
"La décence ou l'intelligence voudrait en principe, c'est l'usage, que l'on se taise sur les fromages (yc. les culturels) que la République se distribue périodiquement entre courtisans, et que la question ne soit en tout cas pas étalée imprudemment sur la place publique. Mais on voit qu'une subtilité légitime nous avait échappé, il y a donc des courtisans politiques et des courtisans techniques, Benamou serait des uns et son malheureux challenger Poivre d'Arvor serait des autres."
 
"Comme nous n'avons aucun intérêt, nous, ni dans un camp ni dans l'autre, ça ne nous déplairait finalement pas de relever, si l'on peut dire, l'étrange débat auquel on nous invite. Le plus amusant serait sans doute celui sur la compétence : qui t'as fait compétent très aimable bouffi ? Nous n'avons rien contre aucun de ces deux garçons, mais engageons l'affaire on va bien arriver à leur trouver sérieusement quelque chose."
 
On se croit quitte et libéré ! Mon oeil ! deux jours après l'affaire court toujours. Deuxième réaction de notre part,  nous exprimons cette fois sous forme zaz  :
-"A côté de ça, le pire est évité, ils n’ont pas osé nommer David Douillet ! "
- A quoi un aimable zazeur nous répond non sans à propos : "Il le méritait bien pourtant,non ?"
 
{{2° Les sanglots longs des violons, blablabla. Le Monde débarque, vous imaginez l'ampleur !}} 
 
Hier soir, 30 03 08, grand bang dans le ciel bleu de France, le Monde s'y met à son tour, plus exactement Raphaëlle Bacqué, avec un article étonnamment meurtrier "La bataille de la Villa Médicis". Tout l'historique est là, (reportez-vous à lui) et une flopée de gens nouveaux s'y trouvent "impliqués", Patrick de Carolis, Christine Albanel, Richard Peduzzi, l'actuel directeur de la villa, Catherine Pégard, conseillère d'Albanel, de même sans doute que sa petite soeur, mais il y en a d'autres à citer nécessairement puisqu'il y a Carla Bruni-Sarkozy soi-même, ainsi que Valeria Bruni-Tedeschi, la merveilleuse actrice elle que nous aimons tant. Valéria est sans doute la seule là-dedans qui n'ait pas fait de connerie, elle n'est notamment pas intervenue auprès de Carla et de Nico.
 
 Nous vous donnons tout de suite l'épilogue de ce méchant movie, Nicolas s'en tire très bien, il refile à je ne sais quelle commission le fait de trancher sur les mérites et les quartiers de noblesse des impétrants, soit les deux thons précédents si maladroits, soit la flopée des nouveaux qui se branchent à présent sur le morceau.
 
{{3° La réponse putative du peuple}}
 
Reste, comme on le prévoyait, la villa que l'on a à présent sur les bras, reste le problème à poser de la légitimité des tromblons signataires (on voulait dire trublions), reste le peuple, nous, qui paie par l'impôt ces dépenses somptuaires qui ne lui sont pas destinées, reste le cas Sarkozy qui n'est nullement écorné, dirait-on, reste les Ocsénistes grosjean comme devant dans cette stupide affaire, car est-il besoin de le péciser nous ne sommes pas sarkozystes mais très exactement le contraire. Il est vrai que nous ne sommes pas trop célébrités non plus, que nous mettons souvent dans le même pot.
 
Nous avons rarement vu une affaire si vainement gérée. Sur la villa, déjà, la rumeur se répand comme une traînée de poudre qu'elle coûterait une fortune représentant plusieurs fois le surcoût du régime spécial de la RATP, ce qui est archi-faux. La rumeur se répand aussi qu'elle est de ces dépenses largement superfétatoires qui, jointes à mille autres, creusent le budget de la nation, ce qui est vrai absolument on peut le dire (pensez aux chaînes parlementaires !). Hier à la télé nous entendions que La Villa Médicis est le lieu où de grands artistes sortent enfin de la galère, éclats de rires dans les chaumières ! la vrai galère est celle des Français très ordinaires. Et puis les handicapés qui défilaient hier pour une vie décente doivent quand même l'avoir amère (on ne parle pas des intermittents des années précédentes, on ne parle pas non plus de ceux qui se les gelaient rue de la banque durant l'hiver).
 
Oui mais c'est le prestige de la France, cette Villa ! C'est ce qui fondamentalement justifie le régime spécial de cette si belle cantine romaine. Tant de noms illustres y sont passés !
-Qu'ils remboursent, crie bêtement la foule.
 
Statut des signataires. D'accord,  on ne va pas mégoter soudain l'affection que nous avions pour les deux chiens de Jane Birkin, ou notre sincère admiration pour tel ou tel. On comprend que si la pétition n'est pas caritative comme d'hab, si elle est un poil un peu corporatiste (c'est pour la profession, on notera d'ailleurs qu'il n'y a aucun charcutier parmi les signataires), elle a aussi le mérite d'être politique : bon mais on l'a déjà dit, là c'est pas mal dans l'intention mais c'est franchement raté dans l'aboutissement. 
 
Et puis il y a une chose mal venue dans cette affaire outre qu'elle part d'une querelle au départ strictement personnelle, c'est qu'elle est cri du gratin ! Le gratin peut protester, c'est son droit comme celui de tout le monde, c'est peut-être aussi son devoir. Il peut faire remontrance au roi, ne le fait-il pas depuis des siècles, il le faisait déjà sous Louis XIV, XV et XVI. Il le fait au nom de son essence exceptionnelle. Mais bon, je ne sais, à être puissant ce qui est bien, il n'est pas interdit d'être subtil en plus. On se trompe sans doute, mais ça n'a pas été le cas, on parle pour la subtilité, Il est vrai que le gratin n'a pas suscité complètement la haine non plus.
 
{{4° Hypothèse pour une conclusion}}
 
Pour conclure correctement cette offensive assez râtée que faudrait-il finalement ? Jeter aux oubliettes par la tête les deux énergumènes par qui le scandale est arrivé. Demander aux gratinés précités de bien vouloir par décence rester un peu plus entre eux, ou ressortir les subventions diverses dont certains glavioteurs oublieux vivent richement. Enfin, sans céder la Villa aux malheureux enfants de la mucoviscidose, la faire oublier pendant quatre ou cinq ans.
 
Le danger que l''on risque dans la maladresse stratégique que nous dénonçons c'est que Nicolas Sarkozy se refasse une santé et même une assourdissante popularité s'il lui venait à vider Albanel,  Carolis, Pégard et compagnie.
 
Quand je pense que Chéreau, Edmonde Charles-Roux, Fumaroli sont pressentis pour trancher en sages dans ce débat,  je serais à leur place je me tirerais vite fait, ne serait-ce que par respect pour le peuple. Il y en a déjà tant parmi nous qui réclament de la brioche au petit mitron qu'il est insensé à ce stade de leur promener sous le nez le fumet du gratin.
 
Alain Serge Clary et les Inoxydables de l'Ocséna vous saluent bien !
 

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{{{Les Pensées zaz de l'Ocséna}}} 
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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 11:10
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LA FACE CACHEE DE LA CROISSANCE CHINOISE

La Chine s'impose dans l'économie mondiale. Mais au prix de quelles fragilités internes ?

La formidable croissance économique de la Chine fascine et inquiète. Car la Chine est aussi devenue l'un des pays les plus inégalitaires du monde. La restructuration industrielle, les réformes agricoles, l'effondrement du système de protection sociale ont créé de nouvelles poches de pauvreté.
Les oubliés de la croissance multiplient les manifestations contre la corruption, la pollution, les conditions de travail... Une contestation tolérée par le régime tant qu'elle ne touche pas au cadre politique. Faut-il y voir l'émergence d'une société civile, comme sur l'environnement où les ONG jouent désormais un rôle central, ou de simples mouvements sporadiques ?


Shenzhen, Zhushan, Zhengzhou, Jiangyou, Shanghai, ces villes ou bourgades chinoises ont été, ces derniers mois, le théâtre de manifestations, de grèves ou de sévères émeutes, le plus souvent réprimées avec violence par l'armée ou la police chinoise. Points communs de ces révoltes : la colère contre la corruption et le sentiment d'abandon du petit peuple resté en marge de la formidable croissance économique de la Chine.

À l'origine de ces événements désormais récurrents, un conflit du travail, une spoliation, un accident du travail, une injustice de plus qui met le feu aux poudres et dégénère, loin des caméras, en émeutes pouvant durer plusieurs jours. Dans les campagnes, ce sont le plus souvent des confiscations de terres, l'augmentation de taxes qui provoquent rassemblements et manifestations. Dans les centres industriels ou miniers, ce sont les licenciements ou les accidents du travail. Dans les villes côtières, considérées comme l'atelier du monde, les conflits surgissent autour des conditions de travail, des salaires et des cadences, alors que dans les grandes mégapoles, la destruction de quartiers entiers assortie d'indemnisations dérisoires, provoque colère et frustration.

En 2003, les statistiques officielles chinoises comptabilisaient 58 000 « incidents de masse », ayant impliqué 3 millions de personnes. En 2005, on en dénombrait 87 000. On est loin de la « société harmonieuse » souhaitée par le gouvernement.

L'abandon de la planification de la production et la généralisation de « l'économie de marché socialiste » ont fait voler en éclats l'ensemble des garanties de logement, de salaires et de retraites. Elles ont laissé exsangues de nombreuses provinces, privilégiant les provinces côtières, où, à partir de 1979, s'est expérimentée la libre entreprise à travers les ZES (Zones économiques spéciales). « Plonger dans la mer » (xiahai), c'est-à-dire : faire des affaires, est devenu le maître mot dans tout le pays où petits commerces et ateliers se sont multipliés. Premiers laissés-pour-compte de cette conversion à marche forcée, les ouvriers licenciés des entreprises d'État dans les années 1990. Mais ce sont les paysans, n'ayant que leur terre et leurs bras à vendre, qui constituent aujourd'hui la plus précaire des strates d'une société dont la cohésion a totalement volé en éclats. Après la période de décollectivisation et du désengagement de l'État du monde rural dans les années 1980-1990, celui-ci souffre d'une productivité extrêmement faible (employant environ 60 % de la population, il ne représente que 14 % du PIB), mais aussi de l'absence de terres.

À la gare du sud de Pékin, plusieurs centaines de personnes campent en permanence dans un quartier, dont la rénovation accompagnée de destructions n'a pas encore commencé. Dans « Le village des shangfang zhe* » comme le nomment les Pékinois, maisons de carton, tentes, pensions bon marché louant des lits dans des dortoirs sont envahies par les paysans et les ouvriers venus de toute la Chine. Ils sont montés à la capitale pour essayer de faire entendre leur plainte par l'autorité centrale : terrain réquisitionné sans aucun dédommagement pour la construction d'une route, parent tué dans l'effondrement d'une mine, accident du travail jamais indemnisé, récoltes anéanties par la pollution, taxes excessives, la liste des injustices et du cortège de violences que leurs dénonciations déclenchent est sidérante.
Emmitouflés dans de gros manteaux de toile issus des stocks de l'armée chinoise, couverts de chapeaux de fourrure, écharpes autour du cou et munis d'un maigre balluchon, ils sont nombreux à errer ainsi, pendant des mois, jusqu'à la folie.

Cette procédure de « shangfang zhe » héritée de la tradition impériale, mais maintenue par le pouvoir communiste, permet de faire examiner une injustice subie au niveau local par un « bureau national des lettres et des plaintes ». Ces plaintes, qui s'élèvent à près de 10 millions par an pour une population de 1 milliard 300 millions de personnes, révèlent la totale absence de confiance des Chinois envers l'ensemble des instances du pouvoir local, mettent à jour un clivage entre ville et campagne, ainsi qu'un divorce absolu entre les citoyens et leurs administrations.

Chaque année, à la veille de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois, mais aussi avant chaque Congrès du parti ou chaque grand événement, la police organise de grandes « rafles » dans ce quartier et réexpédie de force, dans leurs régions, ces ruraux récalcitrants qui reviendront pourtant quelques semaines plus tard.

À Shanghai, mendicité et poubelles pour survivre

En milieu de journée, dans le Square du peuple, de discrètes ombres se faufilent pour échapper à la vigilance des policiers et des vigiles. Leur objectif : récupérer dans les poubelles les restes de repas, journaux ou emballages qui pourront leur permettre de survivre. La pauvreté, longtemps masquée par l'impossibilité pour les paysans de circuler en raison de leur « Hukou » (livret de résidence) et pour les étrangers d'accéder à de nombreuses régions, saute désormais aux yeux à chaque coin de rue.

On a aussi vu réapparaître des petits métiers, comme les hommes-sandwichs, les distributeurs de prospectus publicitaires, les gardiens et portiers en tout genre. Les travaux sales et pénibles (zang, ku, lei) au service des collectivités locales qui offraient autrefois en contrepartie la garantie du « bol de fer » (alimentation assurée), d'un logement, de l'éducation pour les enfants, de la santé, de la sécurité sociale, sont désormais totalement dévalorisés et n'offrent plus aucun avantage.

En 1994, 65 % de la population du « Dong Bei », le nord-est de la Chine – dont la Mandchourie, avec Shangai sont les principaux fers de lance de l'industrie lourde chinoise –, travaillait dans des entreprises d'État. Treize ans plus tard, les entreprises obsolètes ont été morcelées, les ateliers les plus rentables vendus pour des sommes ridicules le plus souvent à leurs anciens dirigeants, les moins rentables ayant été fermés et leurs ouvriers licenciés. Cette « transition vers le marché » s'est notamment matérialisée par des retraites anticipées et des indemnisations dans un premier temps, puis par le transfert de ces charges aux municipalités, alors que faillites et détournements de fonds défrayaient la chronique. Cette région qui, depuis la révolution, transférait une part considérable de son budget vers l'État central, reçoit désormais des aides lui permettant de ne pas sombrer et de tenter d'initier une reconversion.

200 millions de « Mingong »

Héros du régime maoïste, les ouvriers et ouvrières de ces régions sont venus grossir les rangs des « populations flottantes », ces nouveaux déshérités des villes, qui, avec les paysans, se partagent les travaux les plus mal payés. Alors que la journée de travail s'achève et que la circulation se fait plus dense, les chantiers continuent malgré la nuit qui tombe. Derrière des palissades recouvertes de panneaux publicitaires, grues et bétonnières fonctionnent sans interruption, les buildings se construisant nuit et jour.

À l'heure de la pause repas, des groupes d'ouvriers portant casques jaunes et tenues de chantier discutent en mangeant un bol de soupe. Malgré le développement économique du pays, les salaires proposés pour ce type de travaux n'attirent que les ruraux déshérités. Un « Mingong », littéralement ouvrier-paysan, gagne environ 500 yuans (environ 46 euros) par mois, pour six jours de travail par semaine, à raison d'une douzaine d'heures par jour. Un salaire inférieur au salaire minimum, pour des contrats à durées incertaines, renouvelables à merci sur plusieurs mois. Et, malgré les panneaux explicites sur la sécurité, les mêmes situations se répètent : absence de harnais de sécurité, ouvriers travaillant en tongs de plastique, manipulation de produits dangereux sans protection.

Les accidents fréquents sur les chantiers ne rentreront dans aucune statistique, ne donneront lieu à aucune plainte ni aucune enquête, et se traduiront le plus souvent par une indemnisation de la famille pour solde de tout compte. Une situation quasi analogue à celle, largement plus médiatisée, qui sévit dans les mines, où les accidents du travail feraient jusqu'à 20 000 morts par an.

Artisans de la modernisation du pays, près de 150 à 200 millions de « Mingong » vendraient ainsi leur force de travail pour assurer la survie dans les campagnes, où ils envoient une partie de leurs salaires. Des zones rurales où continue de vivre près de 60 % de la population chinoise et où 150 millions d'agriculteurs sont officiellement qualifiés de « paysans en surplus ». Un chiffre certainement inférieur à la réalité, à plus forte raison durant les mois où l'activité agricole est réduite.

L'un des objectifs du Premier ministre, Wen Jibao, arrivé au pouvoir en mars 2003, était de réduire l'écart de richesses entre villes et campagnes. Soucieux d'envoyer des messages forts à la société chinoise, il multiplie les consignes de fermeté concernant les conditions de travail. La dernière en date, en août dernier, concernait le renforcement de la sécurité au travail. Une nécessité que personne ne conteste, même si la réglementation existante n'est pas respectée.

Pierre Luther


* Shangfang zhe : littéralement, les plaignants recourant aux échelons supérieurs de la hiérarchie administrative pour résoudre une injustice.

 

Plus de 3,5 millions de migrants par an

Alors même que les autorités chinoises commencent à reconnaître un problème d'emploi, l'émigration est considérée
pour de nombreux chômeurs, qui ne se résignent pas à leur sort, comme la seule issue. Qu'il s'agisse de migration d'installation, difficile à quantifier, ou d'expatriation temporaire, ce phénomène concerne déjà près de 3,5 millions*
de travailleurs chaque année. De Dubaï à Paris, en passant par Moscou ou Dakar,on trouve désormais partout ces anciens ouvriers des conglomérats, ou paysans qui ouvrent une échoppe ou vendent leur force de travail aux diasporas installées de longue date de par le monde.

* Le Quotidien du Peuple citant un rapport du ministère chinois du Commerce. 2005.


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Par bernard solidaire 94
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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 23:34

NI CONS, NI SERVILES NON PLUS!!!

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Par LES AMIS DU NEGATIF , le 29/03/2008
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Samedi 29 mars 2008



Ni pauvres ni soumis...

Beau coup! Quelle chute de reins! "Ni pauvres ni soumis"...Tu parles Charles....

Coup de bol: ils ne demandaient pas de boulot ce coup-ci:  mais un "équivalent  SMIC" comme moment de la "dignité humaine"...
Demain pourtant, comme hier, ils soutiendront avec le banquier des "pauvres", prix nobel de la paix et king kong du micro crédit dont on connait les méthodes mafieuses :

-"Sans bras sans jambe , je peux et veux travailler..."

Ils roulent vers l'Elysée ou l'Assemblée:
"Ni pauvres ni soumis! Egalité"...



Là, sans dec': tu te fends l'oignon!



Enfin, moi je trouve ça pathétique! On veut de la thune, pas de boulot aménagé.

Du caviar, de la vodka, du champagne à la rigueur , des filles et des mecs, des nuits agitées,  beaucoup!
 
Du boulot?..seraient pas un peu cons ceux-là!


nosotros.incontrolados/les amis du négatif à l'oeuvre.

 
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Par LES AMIS DU NEGATIF , le 29/03/2008


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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 12:54
TOUS NIQUES!

Ces fourbes et autres coquins, paltoquets et buveurs de sang qui se servent de tant de repoussoirs objectifs pour sereinement vivre leur asservissement larbinien à cette organisation sociale générant ses peurs et ses monstres...
Fourniret n'est qu'un moment de la perversion généralisée du sens et des moeurs de notre temps. Un alibi pour une sinistre continuité sociétale!
_________________________________________

On sait de longtemps que n'importe quel crétin peut, dans cette société se contemplant à l'infini dans son propre spectacle, devenir célèbre au moins quelques minutes...

La prolongation de ce  spectacle exige cependant   de se donner quelques moyens.

Les media, les calottins, les "bien-pensants", les charognards, les patrons, les concédeurs de "vies réduites aux impératifs économiques et aux rabais", les avocats, les juges en ont trouvé un: Michel Fourniret.

Oui mais seulement voila:


Fourniret aujourd'hui, d'autres hier, et encore infiniment d'autres demain...
Innocents comme dans l'affaire d'Outreau
ou avérés "coupables" comme en quelques autres.

Michel Fourniret n'est pas Pierre-François Lacenaire.

Les erreurs judiciaires constituent (délibérement ou non) un moment palpitant et non négligeable des ressources en falsifications sordides indispensables à la grande théâtralité de l'ignominie consentie...

Un peu comme au super-marché où l'on ne trouve plus que des produits frelatés mais d'où il importe, en victimes consentantes et conscienseuses , de ressortir avec un caddy plein avec les quelques maigres garanties et autres possibilités en toc de recours, au ticket fidélité  près, en cas d'intox!

Mais le Fourniret en homme de spectacle complémentaire
a plus d'un tour dans son tourniquet
_____________________

Et il le sait! Il n'a,  à l'image de ceux qui s'en servent,  rien à perdre: il joue le jeu, fait valser comme girouettes les porteurs de "queues d'hermine", de refoulements obscurs, ces vampires des "déjantés" d'une organisation sociale précipités en toute logique visibilisée dans la barbarie la plus sordos, cette barbarie qui dans son contraire apparent se résume en articles et alinéas, en décrets et lois et en autant de génuflexions gerbantes .

Ce miroir en négatif de l'ordre sournois qu'ils servent avec un zèle de "suces-pêt". Michel Fourniret n'est pas Pierre-François Lacenaire, certes, mais ses juges et ses avocats ignares n'ont pas encore lu Lacenaire ni même quoique ce soit!

Fourniret ne relèverait donc pas autant d'une cour d'Assises, sinon au moins autant que les moralistes de nos temps,  mais inciterait davantage à un procès "du sens du monde", en intervenant  comme témoin et exécutant  des oeuvres ici en concentré, exacerbées, pratiquées secretement de diverses manières cachées par tous ceux qui le jugent, commentent, s'indignent au nom de la raison représentée par des guignols serviles.
Et Fourniret n'est pas du tout quelqu'un de sympatique; ne vous y méprenez pas nons plus: ceux qui veulent sa tête lui ressemblent tellement quqe vous pourriez y perdre le sens même d'une encyclopédie....

Ces zélateurs de l'ordre n'ont rien à foutre des ravages et des douleurs qu'ils contribuent à faire prospérer d'une manière aussi répétée qu'hallucinante pourvu que perdure ce laboratoire   à l'indice des horreurs possibles et de déshumanisation de tous. où seule la souffance visible et médiatisée tiendrait lieu de ciment social à une société dans laquelle tous les êtres humains seront à termes définitivement brisés.

C'est toute la pensée d'un monde qui mérite le cabanon!
___________________________

Cette pensée de clystères qui génère ses propres "monstres"
afin de mieux dissimuler, sous la mitre et la calotte
 l'entièreté de sa propre monstruosité
________________

LES TRIBUNAUX AU TOURNIQUET!
!!!

VALSENT LES CUISTRES
!!!


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