(Suite de Extreme-droite, épisode 12: le BI, les origines du délire 4, les
folkistes two)
Avec la précieuse collaboration de Nosotros.Incontrolados
Après ce détour par les folkistes, revenons aux Identitaires et leur références.
En 1976, Saint-Loup (Marc
Augier 1980-1990) écrit dans «Défense de l’Occident» son testament politique dans lequel il
affirme: que l’Europe doit être repensée à partir de la notion biologiquement fondée du sang, donc des races, et des impératifs des courants telluriques, donc du sol, et que la SS pourrait aujourd’hui comme il y a trente ans, sauver l’Europe en
galvanisant tout ce qui reste de vrais guerriers et de penseurs audacieux sur le vieux continent.
La Waffen SS était européenne et pouvait ressusciter ces valeurs. Bref une
Europe racialement fondée et dénationalisée car les Bretons ne sont pas des Niçois, les Basques des Andalous, les Bavarois des Prussiens, les Corses des Picards et les Piémontais des Siciliens!
Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées!
Saint-Loup concevait
donc une Europe comme une entité supranationale différentialiste, respectant les pratiques culturelles de régions ou de province à l’identité forte, c’est-à-dire des «peuples» selon lui, fédérés,
«liés par le «sang», avec des traditions spécifiques et un fond civilisationnel commun.» Une «Europe des ethnies» quoi!
D’autres éléments doctrinaux, secondaires, sont à chercher chez des penseurs digérés et réutilisés par la Nouvelle Droite.
La Libération voit l’apparition des théoriciens du nationalisme européen. Cet européisme fascisant fut repris ensuite par le nationaliste-révolutionnaire belge Jean
Thiriart, ex extrême-gauchiste, ex anti-fasciste, ex national-communiste européen, ex-taulard, membre
fondateur du CADBE, (Comité
d’Action et de Défense des Belges du Congo), qui deviendra rapidement leMAC, (Mouvement
d’Action Civique), un groupuscule poujadiste d’extrême-Droite belge, et dont l’idée est de créer un État européen unifié promouvant un système social appelé «national-communautarisme». Thiriart souhaite
créer une«Grande Europe» de Reykjavik
à Vladivostok et, en 1962 à Venise,
il représente la Belgique aux côtés du MSI(Movimento
Socialo Italiano) Italie, le Parti
Socialiste du Reich (Sozialistische Reichspartei) Allemagne, et l’Union
Movement de Sir Oswald Mosley pour le Royaume-Uni. (On
remarquera que le mot «socialist-e» est galvaudé et reflète, dans ces instances d’extrême-Droite, le mot «nationalist-e».)
Une autre grande référence géopolitique, digérée par la Nouvelle Droite et
des Identitaires est Carl
Schmitt, un philosophe catholique allemand, adhérant au NSDAP le
1er mai 1933, c’est-à-dire, un nazi de première heure qui se mettra de suite au travail en dénonçant ses collaborateurs et professeurs d’origine juive et qui publie ses premiers pamphlets
antisémites dès son adhésion officielle au Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands(Nationalsozialistische
Deutsche Arbeiterpartei ou parti
nazi, tout simplement). Présenté souvent en tant que juriste officiel du IIIe
Reich, (défendu par le GRECE d’ailleurs),
il est avant tout un redoutable philosophe politique critiquant le libéralisme et la démocratie et un « va-t-en
guerre »indéfectible pour qui: «La guerre c’est la Paix et la Paix, c’est la guerre» (pour résumer, le
conflit ami/ennemi est essentiel pour créer une structure politique!).
Le problème, avec Carl
Schmitt, c’est que ces écrits sont actuellement republiés et vendus en masse et, au-delà du personnage ouvertement pro-nazi et antisémite, il en est pas moins que certaines de ces idées
sont visionnaires. Il ne s’agit donc pas de tomber dans le piège hypnotique de ses thèses, et garder en tête que c’est un
philosophe théologien qui a influencé le régime d’Hitler tout en ayant en tête de vouloir prendre intellectuellement le pouvoir!
Réflexions que ne font évidemment pas les zigotos du GRECE,
les Identitaires et autres mouvances d’extrême-Droite. Il est même hallucinant de constater que les livres de Carl
Schmitt soient redemandés dans les librairies, (même phénomène avec le fameux «Mein Kampf»), livres
qui exercent une certaine fascination chez les lecteurs qui ne sont pas spécialement armés pour lire des conneries pareilles!
Bref, défendant une «Europe des ethnies» forte et fascinés par le concept schmittien de «grand espace» , les Identitaires se montrent très anti-américain. Exception
faite pour tous les produits Apple, une autre secte dont on a déjà parlé sur AZA.
On a pu prendre connaissance des différents personnages emblématiques du Bloc
Identitaire au cours des articles précédents, des référents encore vivants ou non, ne reste qu’à comprendre le but et la stratégie géopolitique des Identitaires.
La représentation du monde essentiellement racialiste du BI est
le ciment de leur géopolitique dont les textes géopolitiques insistent sur la défense de la «théorie du heartland». Et non pas la série télévisée ou les Flemming se battent pour garder leur ferme! Que
nenni!
Il faut remonter jusqu’à l’année 1904 pour rencontrer le géographe britannique Halford
John Mackinder qui propose alors sa vision globale du monde dans un article paru dans la Royal
Geographical Society. Et que dit Mackinder en
regardant la mappemonde pivotant
sur son axe devant lui? Ben il divise la planète en trois zones:
-
La
World-Island ou Île
Monde, comprenant les continents européen, asiatique et africain tous reliés les uns aux autres
-
Les
offshore islands, comme les archipels britannique et nippon
-
Les
outlying islands, comme des îles périphériques telles que l’Amérique du Nord, celle du Sud et l’Australie.
Le Heartland est
au centre du World-Island,
soit l’emplacement exact de l’Empire russe. Et l’Europe de devenir un cauchemar stratégique si, durant les deux guerres mondiales, l’Allemagne ou la Russie s’accaparait l’entier des deux
continents et formant ainsi «l’Eurasie» qui
aurait accès aux rives pacifiques et atlantiques. (Un cauchemar qui hantera Mac Carthy & Cie jusqu’à la Chute du
Mur de Berlin, en 1989)
Certains théoriciens allemands, avant et après le IIIe
Reich vont trouver cette idée intéressante et la remodeler en«Mitteleuropa» ou
Europe centrale.
On remarquera que les
Identitaires se plantent déjà dans leur dénomination et devraient user du terme «Eurasie» et
laisser tomber l’anglicisme!
On retrouvera aussi, dans tous les textes géopolitiques des Identitaires,
deux constantes. La première est que le monde musulman, plus communément appelé islamiste, serait en
train de conquérir l’Europe et qu’il faut s’en protéger. La deuxième étant de se débarrasser de la tutelle des Américains. Bref, construire une Europe forte et unie…ou
inversement.
Et c’est là qu’on retrouve les théories des folkistes avec
un Guillaume
Faye qui prédit: «Le XXIe siècle sera celui de la lutte des peuples pour les terres et les
mers». Les
Identitaires adoptent cette «ethnopolitique». Une ethnopolitique qui doit prendre en compte la terminologie du philosophe Carl
Schmitt, ein Ernstfall, un «cas
d’urgence» tragique, soit la disparition des peuples de race blanche au vu de sa baisse de natalité et du vieillissement de sa population. Ce qui rendrait
les «germen» vulnérables
et de voir ainsi les islamistes à fort taux de natalité envahir les places laissées vacantes par les blancs disparus! C’est pourquoi les «germen» (ou
les «nôtres»selon eux) seraient sur le pied de guerre et devront chercher des appuis dans les différents pays européens blancs…et ils vont les trouver!
On a donc vu que les
Identitaires refusent l’État-nation et préfèrent une confédération de régions aux identités fortes, s’inscrivant dans un «grand nationalisme impérial européen». Leurs revendications ne sont pas nouvelles puisqu’elles sont tirées directement des
combats des régionalistes de l’extrême-Droite des décennies précédentes qui refusaient l’État-nation jacobin français.
En cela, les
Identitaires sont particulièrement tributaires des écrits de l’écrivain identitaire-régionaliste-folkiste-néo-droitier Jean
Mabire, lui-même très lié aux militants régionalistes d’extrême-Droite normands et bretons, notammentOlier
Mordrel (Olivier Marie Joseph Mordrelle), un personnage qui vaut le détour, lui aussi.
Olivier, (qui
ne voulait pas qu’on le confonde avec les arbres qui ornent le Mont du même patronyme à l’Est de Jérusalem…déjà que Marie-Joseph…) était membre fondateur du journal «Breiz
Atao», du «Parti
Autonomiste Breton» (PAB), du «Parti
National Breton» (PNB),
ainsi qu’un ancien collabo nazillon.
Il fut aussi connu sous: Jean de la Bénelais, Er Gédour, Calvez, Olivier Launay, autant de pseudos avec lesquels il signait ses bouquins ou ses articles dans
lesquels il faisait part de ses opinions fascistes et nationalistes celtes. Il prodiguaitmême
des conseils du genre: «Ah! Ceux d’entre nous qui ont mal au ventre à voir égorger un poulet, feraient bien d’aller
s’endurcir un peu les nerfs tous les matins à l’abattoir municipal: conseil d’ami….» Quel pouêt!
Olier est
Mord-rel fin 1985 et dès 2000, il arrive à se faire réhabiliter, voire glorifier, et ses conceptions mordrelliennes du nationalisme breton sont reprises par différents courants d’extrême-Droite
français parmi lesquels…les Identitaires. Gagné!
Jean
Mabire, dont on a déjà décrit ses frasques dans les articles sur les «folkistes»,
se disait: «Normand et Européen, tout ensemble. Mais plus du tout Français.»
Guillaume
Faye, folkiste lui aussi, dont on a déjà décrit les frasques dans les articles sur les «folkistes» (copié-collé),
est également le principal
idéologue identitaire.
Pierre
Vial, un autre folkiste, (dont on a peu décrit les frasques dans les articles sur les «folkistes»,
mais disciple deGuillaume
Faye (copié-collé modifié)), voit une VIe République française, confédérée, dont les «parties charnelles» seraient autonomes.(Totalement
cinglé qu’il est!)
Cette nouvelle France fédérale ferait partie du nouvel empire «eurosibérien».
Le concept d’«Eurosibérie» sera «l’espace destinal des
peuples européens enfin regroupés de l’Atlantique au Pacifique, scellant l’alliance historique de l’Europe péninsulaire, de l’Europe centrale et de la Russie».
(Et voila; vous y êtes bien arrivés: nous sommes en effet les deux pieds au pavillon de Haute Sécurité des grands agités de la tonsure, du corset de crin, de la
masse d’arme et de la ceinture de chasteté).
Les
Identitaires sont donc des nationalistes au sens continental européen. Être nationaliste aujourd’hui, c’est: «défendre
les natifs d’un même peuple». On oublie la philosophie égalitaire des Lumières et on ne s’ouvre qu’à l’ «OMO
européen» qui existe encore, mais qui est menacé par les étrangers, les islamistes, les juifs, les homosexuels, les gôchistes, les pôvres, les jenpassédémeyeurs, et qui n’a pas encore mis en
place une structure politique pour se défendre. Mais on est d’abord «patriote»,
attaché à sa région et à sa tribu, tout en étant conscient qu’on fait partie d’un grand espace blanc comme neige et blond comme des cons d’épis blé, de Brest au détroit de Behring.
À retrouver sur AZATHÈMES/EXTRÊME-DROITE/FRANCE
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