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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 09:16

 

 

 

Yolanda Domingez est une jeune artiste espagnole suivie pour ses vidéos qui critique le rôle de la femme dans la publicité et qu’on peut retrouver sur le groupe:La vidéothèque de l’art alternatif…ou autre, forum: les poses de la photographie de mode sont-elles ridiculesYolanda en remet une couche en présentant:«Azafatas, round 1» (Hôtesse, Round 1, traducida del español, caramba!)


Cette fois-ci, c’est lors du Festival de Barcelone 2012 qu’elle met en scène de jeunes «hôtesses» ayant des rôles variés à jouer dans des lieux différents. Ces«hôtesses» ont le but de mettre en évidence la «femme publicitaire» et vont «décorer» le paysage pour inciter le client à acheter un produit. Pour ce, elles vont distribuer un carton publicitaire tel que celui ci-dessous.

 

http://www.faicmfsf.org/wp-content/uploads/2012/06/carton-pub.png

 

Comme on peut le remarquer, le pink fly (ou papier publicitaire rose bonbon, in english) ne vend rien, que dalle, nada!

 

Il va sans dire que ces jeunes femmes vont remplir leur rôle à la perfection. Jolies, jeunes, sexy et légèrement vêtues, elles vont représenter la figure féminine constamment projetée par les médias, être l’appât parfait pour piéger le simple péquin qui se promène à proximité.


L’utilisation de ces jeunes femmes comme support publicitaire est une raison de dénoncer ces pratiques qui ne permettent pas de faire une distinction claire entre prostitution et produit à représenter. Mais le sexe fait vendre et cette vidéo démontre que la femme est encore reléguée au statut de simple objet décoratif.

 

Tournez manège et que le spectacle commence!

 

 

 

 

 

On peut retrouver toutes les oeuvres de Yolanda Domingez sur son blog ainsi que sur le groupe et le forum cité au début de cet article.

 

Geneghys FAICMFSF

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 08:31

En allant à la baston, on peut se faire rétamer,

 

en n'y allant pas on est déjà morts...


http://www.faicmfsf.org/wp-content/uploads/2012/06/libre.png

 

(J'ai piqué cette affichette à Gene de FAICMFSF...Voir en lien ci-contre:Geneghys/FAICMFSF)

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 11:17

30 mai 2012

http://www.michelcollon.info/local/cache-vignettes/L300xH450/400px-Salon_747b-5d4df.jpg

Une authentique tronche d'empaffé !!!

 

Article en PDF : Enregistrer au format PDF

Le livre de Mathieu Rigouste : « Les marchands de peur, la bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire » (Editions Libertalia -2011) dresse, comme son titre l’indique, un portrait du personnage très influent dans les coulisses de la France du « maintien de l’ordre » qu’est Alain Bauer. Avant de devenir un des principaux inspirateurs de la politique sécuritaire de l’ancien président N.S. KARCHER, il a joué son rôle de « marchand de peur » auprès des principaux dirigeants du parti socialiste et il connait bien Manuel Valls comme en témoigne l’extrait du livre qui suit.

 
Né le 8 mai 1962 à Paris dans une famille de bourgeois du textile, il [Alain Bauer] adhère au Parti socialiste dès l'âge de 15 ans et va s'investir dans la construction de la gauche anticommuniste. Lui qui s'est toujours proclamé « antistalinien primaire » dévore à cette époque les livres des éditions de Moscou ou de Pékin (1). Trois ans plus tard, en 1980, il participe à la fondation des Jeunesses rocardiennes aux côtés de Manuel Valls et Christian Fouks - dont nous reparlerons. A l'université, il entre dans la nouvelle Unef-ID, fédération syndicale étudiante regroupant les gauches non communistes, et commence à évoluer dans les réseaux élitistes abrités par certaines loges franc-maçonniques comme le Grand Orient de France.
 
À l'instar d'Yves Roucaute, Alain Bauer entame des études de droit qui le mènent vers les « questions de défense et de sécurité », Il obtient à 20 ans - en 1982 - le titre d'administrateur délégué de l'Institut national supérieur d'études de Défense (Insed). Dans le même temps, il se fait élire - par l'UNEF-ID - à la vice-présidence étudiante de la Sorbonne et à l'administration de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef), postes qu'il occupe jusqu'en 1988 (2). Il raconte comment cette formation syndicale lui a permis d'acquérir « une appréhension tactique du terrain » qu'il recommande à tous les chefs d'entreprise concernés par la « lutte contre le crime" » (3). L'année suivante, en 1983, il devient membre du conseil de la chancellerie des universités de Paris. A mesure qu'il s'acculture aux idéologies des complexes militaro-industriels, il s'approche des milieux atlantistes et s'élève dans la hiérarchie de la gauche de gouvernement, via les réseaux de Michel Rocard. « Au début des années 1980, je me suis aperçu des limites de l'engagement politique, dans lequel l'important n'était pas ce que l'on disait, mais l'endroit d'où on le disait (4) », explique-t-il au sujet de sa stratégie d'influence. Celle-ci va payer.
 
Dans le courant des années 1980, le grand patronat industriel doit s'assurer une production idéologique répondant à ses intérêts sous un gouvernement de social-démocratie. L'ascension d'Alain Bauer s'inscrit à l'intérieur d'une dynamique de recrutement d'idéologues issus de la gauche anticommuniste. Durant cette période, il continue sa formation militaire, fait du lobbying politique dans l'ombre du cabinet de Michel Rocard (5) et administre la M.N.E.F. aux côtés de Manuel Valls.
 
En 1988, Michel Rocard devient Premier ministre et fait nommer Alain Bauer en tant que chargé de mission auprès de son directeur de cabinet Jean-Paul Huchon. Il s'occupera des questions de police en particulier. Il se tourne alors vers les « affaires ), devient en 1990-1991 conseiller chez Air France, puis entre au groupe Sari Serri où il est responsable des gigantesques chantiers immobiliers du World Trade Center Paris-La Défense. Il est alors nommé directeur du département de contrôle financier puis administrateur de Sari Services en 1992-1993. La société se fera plus tard connaître pour des scandales financiers. Il est ensuite nommé à la tête de CNIT Corn et devient secrétaire général du World Trade Center Paris-La Défense, puis membre de la commission juridique internationale de la World Trade Center Association. C'est à cette période qu'il est approché et recruté par la Science Application International Corporation (SAlC), la « machine de guerre privée et secrète du Pentagone et de la CIA) décrite comme un « État dans l'État (6) »,
 
Créée en 1969, cette firme géante et extrêmement influente est longtemps restée méconnue, même aux États-Unis. Elle assure en effet les principaux besoins industriels et les « nouvelles technologies de l'information et de la communication) (NTIC) pour le compte du Pentagone et au service du complexe militaro-industriel nord-américain. Elle absorbe et dirige en partie les marchés publics de la guerre aux États-Unis. La SAlC a par exemple réalisé la cartographie numérique des États-Unis, la sécurisation du système informatique du département de la Défense, la conception des centres de commandement C4I de guerre navale et spatiale ou la plus importante banque de données criminelles pour le FBI, qui a permis de ficher 38 millions d'individus suspects. Cette vitrine des services secrets américains est administrée par d'anciens directeurs de la CIA et d'anciens secrétaires de la Défense. C'est dans ces réseaux qu'elle recrute afin d'imposer son influence dans les secteurs décisionnels de l'administration, des renseignements et de la Défense. C'est ce qu'elle va faire avec Alain Bauer. Ce dernier effectue ainsi en 1993 un stage de six mois à San Diego, au siège de la SAlC (7). À la suite de cette formation, il obtient la vice-présidence de la SAIC-France et commence à prôner des méthodes répressives directement inspirées des thèses néo conservatrices nord-américaines. Il développe dans les années qui suivent le même type de marchés en France : cartographie de la délinquance, systèmes de fichage de la criminalité et de la population en général, centralisation des instituts de sécurité et de défense ... La SAlC avait obtenu du département de la Justice le programme de formation et d'assistance technique aux polices étrangères (International Criminal Investigate Training Assistance program - ICITAP), activité de promotion des technologies policières nord-américaines. En France, c'est le Service de coopération technique international de police (SCTIP) qui assure cette fonction à l'étranger pour le compte des industries françaises(8), Comme l'ICITAP n'est pas présent sur le territoire français et qu'il entre en concurrence avec le SCTlP, c'est la SAlC-Europe qui s'en occupe, laquelle est dirigée par Alain Bauer,
 
En 1994, il quitte le Parti socialiste (9), mais continue à participer à des commissions de réflexion. Après le scandale immobilier des affaires de la Sari (concernant la construction de La Défense), des maires rocardiens demandent pourtant son « expertise en sécurité urbaine », Face à la montée électorale du l'N, la gauche cherche à s'approprier les thématiques de l'extrême droite et notamment la lutte contre « l'insécurité ».
 
Alain Bauer va alors s'occuper de la sécurisation de la ville de Vitrolles. Il fait notamment investir dans un système de vidéosurveillance (10). La récupération des thèmes de l'extrême droite fonctionne au point que Vitrolles voit dès 1995 une percée historique du FN, lequel finit par prendre la mairie.
 
Il avait créé pour l'occasion une entreprise à son nom, AB Associates, qu'il a domiciliée à proximité de la SAIC-Europe au CNIT-La Défense. Désormais conscient et convaincu par les perspectives économiques et politiques des marchés de la criminalité et du contrôle, il pérennise sa firme de « conseil et formation en sécurité urbaine). Il quitte alors la vice-présidence de la SAIC-Europe et en devient « senior consultant ». Il intègre dans sa nouvelle entreprise une dizaine d'amis qu'il nomme « consultants). On y trouve ainsi Nathalie Soulié, épouse de Manuel Valls (note Comaguer : ils sont divorcés depuis), au poste de secrétaire. Manuel Valls milite dès lors activement pour que les municipalités de gauche investissent dans la sécurité urbaine.
 
De 1996 à 1997, Alain Bauer participe à la 7e session des auditeurs de l'Institut des hautes études de sécurité intérieure. Il s'y construit un large réseau de collaborateurs dans le domaine de la sécurité urbaine. Il se rapproche à cette occasion du commissaire Richard Bousquet, délégué du Syndicat des commissaires de police et des hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN), avec lequel il continuera à collaborer régulièrement, notamment à travers des ouvrages sur la criminalité (11).
 
En 1997, Alain Bauer mène la réflexion du Parti socialiste sur la sécurité. Celui-ci gagne les législatives au printemps. Sitôt formé, le gouvernement Jospin fait appel à Alain Bauer pour mettre sur pied, sous l'égide du nouveau ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement, le colloque de Villepinte qui se tiendra dès la rentrée. Son intitulé constitue tout un programme : « Des villes sûres pour des citoyens libres.) Ce colloque consacrera la conversion du PS à l'ordre sécuritaire.
 
 

Illustration : Thesupermat
 
 
(1) Bertrand Fraysse, « Passeur. Portrait d'Alain Bauer, homme de réseaux », Challenge, 29 novembre 2007. hnp ://www.challenges.fr/ magazine/en couverture/O 1 02.4205/
 
(2) Avec son ami Manuel Valls, ils seront mis en cause dans l'affaire des détournements de fonds de la M.N.E.F. » dans les années 1990.
 
(3) « Il faut de la souplesse d'esprit et une appréhension tactique du terrain, celle par exemple qu'acquièrent les militants syndicaux ou politiques. Ceux-là appréhendent correctement le présent tout en ayant une conception idéologique suffisamment forte pour structurer leur action sur la durée. Une disposition d'esprit particulièrement adaptée au crime. Les chefs d'entreprise devraient faire plus de syndicalisme étudiant quand ils sont jeunes pour s'exercer à cette nécessaire réactivité. » Philippe Plassart, « Alain Bauer, criminologue », Le Nouvel Économiste, op. cit.
 
(4) Gaël Tchakaloff, « Alain Bauer, propos en tablier », Le Nouvel Économiste. hnp ://www.nouveleconomiste.frlPortraits/1...
 
(5) « Entre 1981 et 1986, je participais à l'organisation de la résistance contre les manœuvres destinées à détruire ce que représentait Michel Rocard. Nous avions des cartes d'accès et des responsabilités relatives et imprécises, qui permettaient de faire cela, comme dans tout cabinet ministériel qui se respecte. , Gaël Tchakaloff, « Alain Bauer, propos en tablier " op. cit. .
 
(6) James Steele et Donald Barlett, « Washington's $8 Billion Shadow " Vanity Fair, octobre 2009.
 
(7) Noël Blandin, « Qui est Alain Bauer ? », La République des Lettres, 10 février 2009.
 
(8) On trouve d'ailleurs à la tête du SCTIP, l'ami et collaborateur d'Alain Bauer, Émile Perez, avec lequel il publiera plusieurs ouvrages sur la police et les méthodes nord-américaines.
 
(9) Gaël Tchakaloff, « Alain Bauer, propos en tablier », op. cit.
 
(10)Fort de son succès, Alain Bauer se fait nommer à la commission départementale des systèmes de vidéosurveillance de la préfecture du Nord en 1997.
 
(11)Laurent Bonelli, « Quand les consultants se saisissent de la sécurité urbaine, Savoir/Agir, n° 9, septembre 2009, p. 17-28.

Alain Bauer - Complexe militaro-industriel - Francois Hollande - Insécurité - Manuel Valls - Sarkozy


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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 07:57
31 mai 2012

Nantes (car il y en a deux), par Jacques Réda

 

[En guise de commentaire au message précédent et autres irruptions nantaises en ces colonnes, ainsi qu'à la récente participation (involontaire) de Jacques Réda à Sus au vieux monde, Didier (de Bruxelles) me fait parvenir ce texte magnifique. 

Je m'empresse de le recoller ici, tel quel. Dégustation.]

Charles T.

~

Nantes (car il y en a deux)


Trop longtemps j'ai tardé à visiter la ville de Nantes. Pour être précis, 777 mois depuis le jour de ma naissance, et ce chiffre d'allure apocalyptique ne laisse pas de m'impressionner. Il introduit de l'ésotérisme où j'en soupçonnais peu.

 

Pour la plupart des gens se mon âge (à présent, donc, 904 mois), Nantes a d'abord été La Mecque de cette religion: le petit-beurre, et spécialement le petit-beurre LU.

On n'ignorait pas tout à fait que cette marque, bien propre à fasciner les précoces lecteurs de majuscules que sont beaucoup d'enfants, n'était autre que le monogramme de deux grandes familles coalisées pour la cause du biscuit. LU s'imposait comme le diminutif du fils unique (au lieu de grandir, prodige, il se multipliait) engendré par l'union d'une Mlle Lefèvre et d'un M. Utile (ou le contraire, peut-être). LU ne pouvait que devenir ainsi l'ami préféré, dans ce domaine d'importance, de tous les Jojo, Toto, Coco, Dédé, Lili, Mimi, Lolo et autres innombrables Lulu qui ont assuré sa fortune et celle de l'industrie alimentaire nantaise du même coup.

Par gourmandise, on entamait d'abord les quatre coins légèrement saillants, plus grillés et savoureux encore du petit-beurre.

On appelait cela "croquer l'oreille à LU". Peut-être, dans cette innocente volupté, passait-il quelque chose du plaisir qu'avait éprouvé M. Lefèvre en mâchant le lobe de Mlle Utile (ou l'inverse).


Pour revenir au cœur du sujet, c'est-à-dire la ville de Nantes, je veux me défendre d'une accusation possible d'indifférence ou, pire, d'hostilité.

 

C'est bien parce que j'ai rêvé d'elle autant qu'à des ports encore plus célèbres où je n'étais pas allé non plus, et où je n'irai jamais sans doute (Valparaiso, Hong-Kong, New-York, Constantinople), que l'effort de m'y rendre m'a paru longtemps superflu.

 

Nourrissant ma représentation au hasard des lectures, des albums touristiques dont il faut, au jugé, compenser les lacunes, replacer les images de détail (d'échelles variables et souvent décevantes ou trop flatteuses) dans un ensemble de proportions et de climats cohérents, j'avais fini par édifier une ville assez précise, par endroits aussi assez floue pour que cette élaboration me parût ressembler à un souvenir.

Mais précision et exactitude sont des notions un peu distinctes, si bien que sur le motif je n'ai presque rien reconnu.

Durant ce séjour de trente-deux heures bien sûr insuffisantes (où j'inclus les heures de sommeil qui, loin d'être passives, mettent le visiteur en état d'osmose inconsciente mais profonde avec le milieu), une désorientation complète, surprenante de ma part (je me repère d'habitude très vite, avec une grande sûreté), m'entretint dans le malaise de ne jamais comprendre sur quelle rive au juste je me trouvais ni dans quel sens coulait le fleuve.

 

Je l'avais d'ailleurs conçu plus large et plus majestueux, comme le veut le mot estuaire qui lui-même s'évase, s'ouvre par son hiatus intérieur vers l'infini. Sur le caractère portuaire de Nantes, je suis revenu de toutes mes illusions.

 

Autre chose: j'avais situé en hauteur, chacune sur un escarpement abrupt et se faisant face de part et d'autre de la Loire, deux des principales curiosités: le Jardin des Plantes et le Château.

Cette façon de voir continue de me paraître excellente, très supérieure à la réalité.

Le jardin s'étend en effet platement à côté de la gare et, non loin de lui, sur la même rive, le château, parce qu'on a comblé toute une partie du fleuve, gît en contrebas d'un boulevard qui l'en sépare, comme s'il était au rebut.

 

Le long de cette plate-forme circulent des tramways, mode de transport urbain qui fait honneur aux municipalités qui la choisissent, et confère aux villes qu'il dessert une touche particulière de charme et de confort.

Mieux vaudrait pourtant que ceux de Nantes arborent comme autrefois le jaune et le rouge universellement recommandables pour les tramways.

Je ne dis pas que d'autres teintes ne conviennent jamais. Mais c'est une question de ton des plus délicates (un vert épinard peut s'imposer dans certains cas) et que ne résout pas l'adoption systématique d'un gris métallisé frigide qui prive la machine d'un de ses pouvoirs d'émotion.


 

 

(Illustration musicale proposée par Steph)

Comme on l'imagine, j'ai plus d'une fois descendu ou grimpé les marches du fameux passage Pommeraye.

 

Je le voyais plus obscur. Peut-être l'était-il quand André Breton le découvrit. Trop de lumières nuisent à la magie, et celles qui le saturent à présent, qui font étinceler ses ors, ses stucs, ses glaces et ses marbres, le restituent à des origines plus Offenbach ou Meyerbeer que prématurément surréalistes.

 

Comme ses homologues parisiens souvent moins fastueux, il se laisse coloniser par un négoce d'artisanat industriel clinquant et que menace le raz de marée universel de la fringue, avec ses déferlantes soyeuses et versicolores de sous-vêtements féminins.

On y cherche les derniers témoins de l'activité spécifiques des passages, vouée à une sorte d'éternelle persistance sur le déclin: cannes, pipes, médailles, timbres, bouquins, gravures, dentelles, parfois de tristes "farces et attrapes" ou de vieux bonbons.

Puis de ces vitrines à l'abandon où quelques pièces – diplômes évasifs, affiches jaunies, bibelots poussiéreux – évoquent des commerces mal définissables qui ont périclité mais se maintiennent au seuil du coma: mutuelle sans adhérents, agences d'assurances ou de voyages sans clientèle.

Ces anachroniques disparaissent et tout un magnétisme se perd.

Dans le passage Pommeraye remis à neuf où se bousculent les vagues de la vie, j'ai dû réinventer ce qu'il fut quand (de même que le petit-beurre né du mariage Lefèvre-Utile) une première étincelle surréaliste y jaillit de la rencontre, dans la pénombre, d'un de ses lampadophores impubères, un peu mièvres mais gracieux, et du mannequin sans bras ni tête d'une marchande de corsets.


Je l'avoue: au coruscant décor d'opérette du passage, j'ai préféré la sérénité quasi conventuelle du cours Cambronne entre ses maisons coites où semblent n'habiter que de vieilles demoiselles de roman.


On y écoute un brouillard doré froisser à l'aube les feuilles d'octobre; le soir, de lourds voilages flotter aux fenêtres des façades sans portes. La cathédrale contient le tombeau d'un autre général nantais: Christophe, Louis, Léon Jachault de la Moricière, vainqueur d'Abd El-Kader dans le moment où le passage Pommeraye s'ouvrait.

Par la suite, commandant en chef de l'armée pontificale, Lamoricière n'a pas que ces titres de gloire à son actif.

'est lui qui mit au point un ingénieux système d'évacuation rapide pour le pantalon des zouaves, que transformait en outre étanche et ralentisseuse de la marche le franchissement à gué des oueds. L'inscription latine du monument ne porte pas mention de cette trouvaille (restée connue sous le nom de "trou de Lamoricière") qui soulagea l'effort du combattant. (Où sont les zouaves ? Ils avaient déjà perdu leur pantalon lorsqu'à Nantes, ou presque – à Saint-Nazaire – débarquèrent les premiers contingents de l'armée américaine en 1917, et parmi eux sans doute un caporal pianiste-artilleur qui célébra les échos du printemps, les eaux murmurantes, et rivalisa avec ce général pour le nombre et la magnificence des prénoms).*


Mes autres souvenirs de Nantes, bien à regret (car mes amitiés les éclairent), j'en écarte une partie à cause d'une limitation que j'enfreindrais avec une nouvelle page.

 

Une autre partie a déjà fui, comme si ma mémoire disposait elle aussi d'une sorte de trou Lamoricière, où le trop-plein des impressions s'échapperait aussitôt.

Ainsi puis-je allégé courir au devant des nouvelles, ou me reposer sur la constance de mes fabulations.

 

Pour moi le château de François II se dresse donc toujours au sommet de son promontoire, face au Jardin des Plantes où règne un séquoia géant. Entre eux, dans un sens ou dans l'autre, glisse ce flot qui, un peu plus loin, oublie qu'il a traversé Roanne, Nevers, Gien, Orléans, Blois, Tours, Saumur, Nantes même et

Dans l'océan sans mémoire
Va se perdre corps et biens
Malgré ce doux nom de Loire
Qui dans nos cœurs le retient.

Jacques Réda, Europes, Fata Morgana, 2005.

* Il s'agit de William Henry Joseph Bonaparte Bertholoff dit Willie « The Lion » Smith (1897-1973).

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 08:59

 

-(piqué par Steph à Charles Tatum)-

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338408012.jpg

http://susauvieuxmonde.canalblog.com/archives/2012/05/31/24381327.html

Retour de Voyage à Nantes

Quand on fait de la belle culture et du beau tourisme, on se tait !


Le mur d’expression du spot Vincent Gâche bien connu des graffeurs et amateurs de fresques urbaines était encore hier le support d’un joli pied de nez au grand barnum nantais du tourisme-culturel « Le Voyage à Nantes ».


Ce mardi 29 mai au matin, les employés de la communauté urbaine recouvraient d’un joli gris le message sans doute un peu trop engagé et surtout très politiquement incorrect pour l’image de notre belle cité des Ducs. Ici quand on fait de la belle culture et du beau tourisme, on se tait. Merci !

 

De : Indymedia Nantes, 30 mai (via juralib)

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:29

Il me souvient encore de ces GAV dans le cours desquelles les "gardiens de la paix" urinaient délibérément dans les cellules, maintenant ils pourront en plus y épandre leurs diarrhées.... 



Au moins....


  comprendrons-nous dorénavant quels seront à l'avenir les

 

usages des annuaires téléphoniques "gris-perle"!!!

...............

 

Arnaud Montebourg, en jeune trublion quinqua, nous aura un peu surpris en acceptant ce "Ministère croupion" désormais le sien mais dont personne d'un peu avisé  n'aurait voulu.


Un ami me sussurre qu'àprès avoir avalé bon nombre de couleuvres, son intelligence pouvait fort bien trouver à s'accomoder de celle-ci.


Ce n'est pas faux!

 

Steph

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:03

http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2012/05/pm-hessa_0.jpg

http://www.rue89.com/2012/05/29/hessa-etudiante-koweitienne-paris-8-660-euros-par-mois-232559

 

Voici de quoi illustrer le renouveau des manucures des Restau U

 

(A envoyer au Québec)

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 10:51

 

 

 

 

Petit flash-back et remontons le temps, mais pas trop, les futurs livres d'histoire feront cette démarche. On ne va tout de même pas leur mâcher le boulot gratos, corones!


24 avril 2012:


L'économie espagnole rend les Européens inquiets. Et les investisseurs aussi! Donc tensions sur les marchés et Madrid voit ses taux d'intérêt à court terme doubler. Et qui veut dire doubler, veut dire deux fois plus cher! Déjà que fin 2011 n'a pas été la joie...Bref, l'Etat vient au secours des banques et lève des fonds publiques (el pogno del populo) à coup d'environ 2 milliards d'euros pour assainir ces nobles institutions.


Cristobal Montoro, Ministre du Budget rassure: «Pero quelle putana d'año! Nous vivons oun momento extrêmito délicato, extrêmita fragila, et nous allons instaurer oun plan de rigueur pour que nos amigos Européanos aient mucho confiance en nosotros et nuestras banquias!»


Ce à quoi Rajoy ajoute: «Mi amigas, mi amigos! El politica que notre gouvernement mène en ce momento esta ouna putuna politica. Esta dure et va demander beaucoup de pognon, mais esta ouna politica qui ne va pas produire des effets à court terme. Pero, esta ouna politica qu'il faut mener en ce momento! Esta capital!»


El populo qui a voté el PP respire. Il a fait le bon choix. Rajoy esto el ombre della situazioñ!


9 mai 2012:


Bankia, une des plus grandes banques espagnoles est partiellement nationalisée pour un montant de 4 milliards d'euros, el pogno del populo.


22 mai 2012:


Les économistes de la Finance Internationale (IIF, association qui regroupe ~450 banks in the worlds) estiment: «The shit banks of Spain risquent des pertes of 260 milliards d'euros! Ce qui rend les Européens très inquiets. And the investisseurs too! It's for what, to make the marchés cool, this nobles institutions risquent de demander une aide financière de l'Etat, c'est-à-dire des fonds publiques, (el pogno del populo), around 60 milliards d'euros. (Bingo! They made better of Ireland!) But we think que certaines banks of Spain ont trouvé, dans leurs safes, quelques 110 milliards d'euros en créances douteuses, ce qui leur permettraient d'éviter un crash, but pas toutes!»


25 mai 2012:


El putana del Bankia, la 4ème banque du pays. demande 19 milliards d'euros en plus à l'Etat espagnol, c'est-à-dire des fonds publiques(el pogno del populo)! L'Etat espagnol a trouvé la panacée: «Amigas, Amigos! Estamos dans ouna mierda épouvantabla! Bankia, qui a pour 31,8 milliards d'euros d'actifs pourris, a suspendu la valeur de son titre de façon préventive. Pero nosotros pensiamos créer ouna granda banka espagnolita nationalisée avec Bankia et les cajos d'épargne CatalunyaCaixa et Novagalacia. No esta ouna bonnita idéa?! Mmmmh! Donc, no prendas vuestro pognon pour le mettre in Suiza. In Suiza, esta ouna grossa mierda perké mucho mucho ombres y mettent déjà leur pognon et la Suiza croule sous tous ces euros. Alors, qu'est-ce qu'elle fait, la putana del Suiza avec vuestro pognon? Hein? Ben, elle vous le garde, mais ne vous donne plus d'argent pour cela. C'est vosotros qui devrez pagaré pour qu'elle guardia vos dineros! Tandis que nosotros, nous avons besoin de vos dineros pour sauver les banques, comprendo?! Pagare à nonostros! Pagare per nuestra Naciòn! Pagare per votre roi Juan et su pokita dèp!»


27 mai 2012:


C'est un président de Bankia, José Ignacio Goirigolzarri confiant qui se voit accorder 20 milliards d'euros accordés par l'Etat, c'est-à-dire des fonds publiques(el pogno del populo)!«Esta ouna bella, merveillosa, bellissima nouvelle que nous avons là! Oune milliard de plus! Oune millard avec lequel nous allons rentabiliser notre Bankia et que les titres vont prendre della valor! Ainsi, les bénéfices rendront contents les actionnaires (el populo, on s'en fout) et nous allons créer une noueva équipe à la gestiòn efficace, rigoureuse et transparente. Et Viva Espagna!»


Et de penser:«Corones! Pourvu que les Grecs ne fassent pas el coñios el 17 juin prochain!»


 

Geneghys FAICMFSF

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 07:30

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De nos jours plus sûrement que jamais ce giga cirque sur-merdiatisé qu'est le festival de Cannes où pullulent et postulent connes et cons est à comprendre comme un avertissement solennel adressé aux cinéphiles de tous bords:

 

Chaque film primé est à rejeter sine-die dans toutes ses longueurs & largeurs: acteurs/trices, réalisateurs, scénaristes, et tout le bataclan. Ce qui aura  le mérite d'alléger considérablement nos agenda tout en soulageant aussi nos budgets "loisirs' réduits de longtemps au consommable!

Sur nos pages, tel "un marronnier", chaque année nous accordions au moins un billet critique vrillé entre les deux de cette ridicule et bling-bling opération de foire sub-cultureuse, voir trois ou quatre...

 

Cette année marquée par les massacres continus en Syrie, par la répression frappant les "printemps arabes", par le sort réservé aux travailleurs de tous les pays sous les coups de boutoir de l'ultra libéralisme financier, c'est à peine si nous nous serons fendus d'un entrefilet volontairement persifflant attisé à l'acide corrosif habituel qu'imposent de tels concours le plus souvent littéralement imbéciles surnageant au centre d'une arrogance fastueuse d'une insolence crasse couronnée cette fois par l'acteur "Brave Bite".

 

Quelques amis nôtres et proches nous ont  fait savoir qu'il est arrivé parfois que des perles, des diamants de celluloïd, aient emmergé de ce terrible fatras d'incongruités par dessus les crânes mous chapeautant le Jury artistiquement inspiré par tant de foutraqueries indigestes....


Ceci est rigoureusement exact, mais il n'empêchera jamais de vérifier l'adage selon lequel:


-"On ne soupe pas avec le diable quand bien même ce serait avec une cuillère à long manche!"-

 

Ceux-ci malheureusement seront emportés indistinctement dans le chiari-dyarrhé fascisant qu'est ce festival prétendant rassembler tous les genres...

Toutes les résignations en réalité, tous les "genres" en effet, y compris ceux prétendant rejoindre la contestation de l'ordre établi rassemblés à cette occasion en une constellation comique  cosmique dans un "à-côté new-look" de la double pensée à repasser.


Entre les séquences il y a toujours des conséquences correspondant à des choix!


Tant pis!

 

Il s'agira en tout premier lieu de choisir ses amis, de reconnaitre ses ennemis pour de bonnes paires de "claps" de fin....



Feu sur les corbillards!!!





Steph

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 12:51
28 mai 2012

« Cessons de payer ce qui est à nous. » Raoul Vaneigem

 

Par-delà l’impossible


« L’impossible est un univers clos. Néanmoins, nous en possédons la clé et, comme nous le soupçonnons depuis des millénaires, la porte s’ouvre sur un champ d’infinies possibilités. Ce champ, il nous appartient plus que jamais de l’explorer et de le cultiver. La clé n’est ni magique ni symbolique. Les Grecs anciens la nommaient poésie, du verbe poiein, construire, façonner, créer.

« Depuis qu’avec la civilisation marchande s’est instauré le règne des princes et des prêtres – dont les lamentables résidus continuent de grouiller sur le cadavre de Dieu – le dogme de la faiblesse, de la débilité native de l’homme et de la femme n’a cessé d’être enseigné, aux dépens de la créativité, faculté humaine par excellence. La loi du pouvoir et du profit ne condamne-t-elle pas l’enfant à vieillir prématurément en apprenant à travailler, à consommer, à s’exhiber sur un marché d’esclaves où la roublardise concurrentielle et compétitive étouffe l’intelligence du cœur et de la solidarité ?

« Nous sommes en butte à une dénaturation constante où la vie est vidée de sa substance tandis que la nécessité de survivre se réduit à la quête animale de la subsistance. Le droit aléatoire à l’existence s’acquiert au prix d’un comportement prédateur qui monnaie et rentabilise la peur.

« Alors que le travail socialement utile – agriculture naturelle, école, hôpitaux, métallurgie, transports – se raréfie et se dégrade, le travail parasitaire, assujetti aux impératifs financiers, gouverne les États et les peuples au nom d’une bulle financière vouée à imploser. La peur règne et répond à la peur. La droite populiste récupère la colère populaire. Elle lui désigne des boucs émissaires interchangeables, juifs, arabes, musulmans, chômeurs, homosexuels, métèques, intellectuels, en-dehors, et l’empêche ainsi de s’en prendre au système qui menace la planète entière. Dans le même temps, la gauche populiste canalise l’indignation en des manifestations dont le caractère spectaculaire dispense de tout véritable projet subversif. Le nec plus ultra du radicalisme consiste à brûler les banques et à organiser des combats de gladiateurs entre flics et casseurs comme si ce combat dans l’arène pouvait ébranler la solidité du système d’escroquerie bancaire et les États qui, unanimement, en assument les basses œuvres.

« Partout la peur, la résignation, la fatalité, la servitude volontaire obscurcissent la conscience des individus et rameutent les foules aux pieds de tribuns et de représentants du peuple, qui tirent de leur crétinisation les derniers profits d’un pouvoir vacillant.

« Comment lutter contre le poids de l’obscurantisme qui, du conservatisme à la révolte hargneuse et impuissante du gauchisme, entretient cette léthargie du désespoir, alliée de toutes les tyrannies, si révoltantes, si ridicules, si absurdes qu’elles soient ? Pour en finir avec les diverses formes de grégarisme, dont les bêlements et les hurlements jalonnent le chemin de l’abattoir, je ne vois d’autre façon que de ranimer le dialogue qui est au cœur de l’existence de chacun, le dialogue entre le désir de vivre et les objurgations d’une mort programmée.

« Par quelle aberration consentons-nous à payer les biens que la nature nous prodigue: l’eau, les végétaux, l’air, la terre fertile, les énergies renouvelables et gratuites ? Par quel mépris de soi juge-t-on impossible de balayer sous le souffle vivifiant des aspirations humaines cette économie qui programme son anéantissement en accaparant et en saccageant le monde ? Comment continuer à croire que l’argent est indispensable alors qu’il pollue tout ce qu’il touche ?

« Que les exploiteurs s’opiniâtrent à convaincre les exploités de leur inéluctable infériorité, c’est dans la logique des choses. Mais que révoltés et révolutionnaires se laissent emprisonner dans le cercle artificieux de l’impossible, voilà qui est scandaleux. J’ignore combien de temps s’écoulera avant que volent en éclats les tables d’airain de la loi du profit, mais aucune société véritablement humaine ne verra le jour tant que ne sera pas brisé le dogme de notre incapacité à fonder une société sur la vraie richesse de l’être: la faculté de se créer et de recréer le monde.

beauty for sale

« Jusqu’à ce que les mots porteurs de vie se fraient un chemin dans la forêt pétrifiée, où les mots glacés et gélatineux consacrent le pouvoir d’une mort froidement rentabilisée, peut-être est-il indispensable de répéter inlassablement: oui, il est possible d’en finir avec la démocratie corrompue en instaurant une démocratie directe; oui, il est possible de pousser plus avant l’expérience des collectivités libertaires espagnoles de 1936 et de mettre en œuvre une autogestion généralisée; oui, il est possible de recréer l’abondance et la gratuité en refusant de payer et en mettant fin au règne de l’argent; oui, il est possible de liquider l’affairisme en prenant à la lettre la recommandation "Faisons nos affaires nous-mêmes"; oui, il est possible de passer outre aux diktats de l’État, aux menaces des mafias financières, aux prédateurs politiques de quelque étiquette qu’ils se revendiquent.

« Si nous ne sortons pas de la réalité économique en construisant une réalité humaine, nous permettrons une fois de plus à la cruauté marchande de sévir et de se perpétuer.

« Le combat qui se livre sur le terrain de la vie quotidienne entre le désir de vivre pleinement et la lente agonie d’une existence appauvrie par le travail, l’argent et les plaisirs avariés, est le même qui tente de préserver la qualité de notre environnement contre les ravages de l’économie de marché. C’est à nous qu’appartiennent les écoles, les produits de l’agriculture renaturée, les transports publics, les hôpitaux, les maisons de santé, la phytothérapie, l’eau, l’air vivifiant, les énergies renouvelables et gratuites, les biens socialement utiles fabriqués par des travailleurs cyniquement spoliés de leur production. Cessons de payer pour ce qui est à nous.

« La vie prime l’économie. La liberté du vivant révoque les libertés du commerce. C’est sur ce terrain-là que, désormais, le combat est engagé.

Raoul Vaneigem, avril 2012 [© L’impossible, n° 2]

Posté par charles tatum à 11:13 - 

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